Invités

Du 24 janvier au 8 février 2020

LES 20es JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES

Feuilleter le programme

 

Bertrand Bonello 

 

Bertrand Bonello est un réalisateur, scénariste et compositeur français né le 11 septembre 1968 à Nice. Son premier moyen-métrage Qui je suis, d’après Pier Paolo Pasolini, sort en 1996. Deux ans plus tard, son premier long-métrage voit le jour : Quelque chose d’organique. En 2001, il signe Le Pornographe, film sulfureux qui dresse le portrait d’un vieillissant réalisateur de films pornographiques névrosé, qui se trouve acculé à reprendre du service. Suivra Tiresia en 2003. En 2008, il présente De la guerre, avec Asia Argento et Guillaume Depardieu. Le film se veut une réflexion sur les combats intérieurs menés pour atteindre le bonheur dans les sociétés modernes. En 2011, il met en scène une maison close dans L'Apollonide. Il s’attaque à la biographie d’un grand couturier avec Saint-Laurent en 2014. En 2016, Nocturama retrace le parcours des jeunes de différents milieux sociaux, ravagés par l'envie de se révolter. Dans son dernier film Zombi Child, tourné en partie à Saint-Denis, Bertrand Bonello entremêle deux récits : le retour d’un homme à la vie à Haïti en 1962 et la vie quotidienne de Melissa, une adolescente haïtienne qui intègre le prestigieux pensionnat de la Légion d’honneur.

 

Filmographie sélective :

1998 : Quelque chose d'organique

2001 : Le Pornographe

2003 : Tiresia

2008 : De la guerre

2011 : L'Apollonide : Souvenirs de la maison close

2014 : Saint Laurent

2016 : Nocturama

2019 : Zombi Child

Pascale Breton

 

Pascale Breton est une cinéaste française auteure de deux longs-métrages et de nombreux courts-métrages. Dans son magnifique et rare (il n’existe qu’en pellicule 35 mm) premier long-métrage, Illumination, Pascale Breton précise les enjeux de son cinéma : l’attention aux corps et à la nature, le temps qui passe. Mais aussi quelque chose d’un rêve qui relierait les personnages aux paysages d’une Bretagne qui aujourd’hui déjà n’existe plus. Un film constamment balancé entre le souffle du vent et le bruit du rock, un secret bien gardé du cinéma français.

 

Filmographie sélective :

1995 : La Huitième Nuit (cm)

1998 : La Réserve (cm)

2000 : Les Filles du douze (cm)

2004 : Illumination

2013 : Château rose (moyen-métrage)

2015 : Suite armoricaine

 

Élisabeth Caravella

Élisabeth Caravella est une artiste et cinéaste française diplômée de l’École européenne supérieure de l’image, des Arts décoratifs de Paris et du Fresnoy. Son travail s’inspire de la culture cybernétique et du cinéma. Dans ses films, sa voix nous guide, non sans humour, au travers de programmes informatiques qui très vite semblent se révéler « buggés », hantés par des présences mystérieuses. Entre exploration d’univers inconnus, méditation ou même jeu de tir à la première personne (dans son nouveau film Krisis), les visions d’Élisabeth Caravella abolissent la frontière entre virtuel et réel, et poussent le spectateur à explorer son propre inconscient.

 

Filmographie sélective :

2009 : Coup de fil anonyme

2013 : Une pâte brisée, une histoire sans drame

2014 : Howto

2019 : Krisis

Caravaggio

 

Le groupe Caravaggio a collaboré avec les frères Larrieu pour composer la musique de L’amour est un crime parfait – thriller fantasmagorique réalisé d’après le roman Incidences de Philippe Djian. Ensemble ils prolongent l’aventure sur scène en proposant une expérience musicale et cinématographique, aussi inédite que passionnante, qui offre un nouveau regard sur le film. Constitué de quatre francs-tireurs de la scène musicale française – Bruno Chevillon, Samuel Sighicelli, Benjamin de la Fuente et Éric Echampard –, Caravaggio est un groupe de virtuoses, rassemblés autour d’une même envie de grands horizons musicaux. Leur production fait autant référence à l’univers de David Lynch qu’aux épopées lyriques de Godspeed You ! Black Emperor. L’improvisation du quartet intervient sur la bande-son, sur les images et les dialogues, opérant ainsi une fusion incroyable où la musique renforce l’atmosphère d’incertitude et de chute intérieure.

 

Ciné-concert de L’Amour est un crime parfait le samedi 25 janvier à 20:30

 

Judith Chemla 

 

Judith Chemla se voue au théâtre à partir du lycée. Alors qu’elle entre à la Comédie-Française (où elle joue dans Le Misanthrope, l’Illusion comique ou encore Figaro divorce), elle décroche des petits rôles au cinéma. Sur grand écran, l'actrice varie les genres et tourne très vite sous la direction de prestigieux metteurs en scène. On la voit ainsi dans La Princesse de Montpensier (Bertrand Tavernier) et De vrais mensonges (Pierre Salvadori). Judith Chemla retrouve ensuite Noémie Lvovsky (après Faut que ça danse !) pour les besoins de Camille redouble. La prestation de l'actrice dans la peau de la lycéenne Josepha est reconnue : elle reçoit le Prix Lumière du Meilleur espoir féminin et est nommée au César de la Meilleure actrice dans un second rôle. Fort de ce succès, ses rôles prennent de plus en plus d'importance. Judith Chemla tourne pour André Téchiné dans L'Homme qu'on aimait trop, joue pour Mikhaël Hers dans Ce sentiment de l’été et interprète la soeur de Géraldine Nakache dans Rendez-vous à Atlit. En 2015, elle obtient le rôle principal de Une vie de Stéphane Brizé. Aujourd’hui, elle interprète le rôle principal de The End of Love, le deuxième long-métrage de la réalisatrice franco-israélienne Keren Ben Rafael. Elle sera présente au festival Journées cinématographiques aux côtés de Delphine Benroubi (productrice) et Elise Benroubi (coscénariste).

 

Filmographie sélective en tant qu’actrice :

2007 : Faut que ça danse ! (de Noémie Lvovsky)

2008 : Versailles (de Pierre Schöller)

2008 : Musée haut, musée bas (de Jean-Michel Ribes)

2010 : La Princesse de Montpensier (de Bertrand Tavernier)

2010 : De vrais mensonges (de Pierre Salvadori)

2011 : Je suis un no man's land (de Thierry Jousse)

2012 : Camille redouble (de Noémie Lvovsky)

2014 : L'Homme qu'on aimait trop (d'André Téchiné)

2015 : Rendez-vous à Atlit (de Shirel Amitay)

2015 : Ce sentiment de l'été (de Mikhael Hers)

2016 : Une vie (de Stéphane Brizé)

2017 : Le Sens de la fête (d'Éric Toledano et Olivier Nakache)

2018 : Maya (de Mia Hansen-Løve)

2019 : Lune de miel (d'Élise Otzenberger)

2019 : Vif-Argent (de Stéphane Batut)

 

Alain Damasio

 

Auteur aux talents multiples, Alain Damasio s’est imposé avec seulement deux romans (La Zone du dehors, 1999, et La Horde du Contrevent, 2004) et quelques nouvelles. Si ses œuvres marient des éléments de science-fiction ou de fantasy, on peut surtout le rattacher au genre de l’anticipation politique. Véritable performeur des mots et de l’imaginaire, il met en scène dans son nouveau roman Les Furtifs (La Volte, 2019) des créatures vivantes faites « de chair et de sons ». Une ode au vivant et à la résistance qu’Alain Damasio accompagnera aux côtés de Yan Péchin et Mood avec «Entrer dans la couleur», lecture musicale autour des Furtifs (le vendredi 7 février à 21h).

 

Bibliographie :

1999 : La Zone du dehors

2004 : La Horde du Contrevent

2015 : Aucun souvenir assez solide (recueil)

2019 : Les Furtifs

Alain Della Negra et Kaori Kinoshita

 

Depuis le début des années 2000, le travail de Kaori Kinoshita et Alain Della Negra mêle expositions, vidéos et cinéma. À la frontière entre le documentaire et la fiction, ils interrogent les identités virtuelles, notamment à travers les communautés numériques, et appréhendent les nouvelles pratiques (jeux vidéos, jeux de rôle, Internet) comme une réponse à la solitude contemporaine (ainsi dans leur premier long-métrage, The Cat, the Reverend and the Slave, 2010). Pour accompagner leur nouveau film Tsuma Musume Haha (littéralement « femme, fille, mère ») et prolonger la plongée dans les zones obscures du réel, les Journées cinématographiques leurs donnent carte blanche.

 

Filmographie sélective :

2006 : Neighborhood

2008 : The Den

2009 : The Cat, the Reverend & the Slave

2013 : How Much Rain To Make a Rainbow

2016 : Bonheur Académie

2019 : Tsuma Musume Haha

 

Anne Diatkine

 

Spécialiste de culture et de cinéma, Anne Diaktine est journaliste à Libération. Elle accompagne Bulle Ogier, dont elle est proche, dans l’écriture de ses mémoires pour J’ai oublié.

 

 

Jean-Charles Fitoussi

Jean-Charles Fitoussi est l’auteur d’une œuvre inclassable, qui mêle l’influence de Robert Bresson ou Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (il fut leur assistant) à un goût franc pour le cinéma fantastique, comme en témoigne son premier long-métrage Les jours où je n’existe pas (2003), adaptation libre d’une nouvelle de Marcel Aymé. Jean-Charles Fitoussi surprend toujours par les sujets et formats de ses films (ainsi Nocturnes pour le roi de Rome, premier long-métrage entièrement tourné avec un téléphone portable et sélectionné au Festival de Cannes en 2006) et construit peu à peu une sorte de grande série qu’il nomme le Château de hasard. Dernier volet en date de ce « feuilleton », Vitalium, Valentine ! nous fait assister aux expériences de William Stein, l’arrière-petit-fils de Victor Frankenstein.

 

Filmographie sélective :

1994 : Aura été (cm)

1997 : D'ici là (cm)

2001 : Sicilia! Si gira

2002 : Les jours où je n'existe pas

2004 : Le Dieu Saturn (cm)

2006 : Nocturnes pour le roi de Rome

2008 : Je ne suis pas morte

2012 : L'Enclos du temps

2014 : De la musique ou La Jota de Rosset

2017 : Vitalium, Valentine !

 

William Karel

 

D’abord reporter photographe pour des agences internationales telles que Gamma ou Sygma, William Karel se consacre au documentaire à partir de la fin des années 1980 en s’intéressant principalement à des sujets historiques et politiques du XXe siècle (Rafle du Vel’ d’Hiv’, le conflit israélo-arabe, ou encore l’histoire de l’extrême droite en France). Il a dressé le portrait de nombreux hommes politiques (Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterrand, Jean- Marie Le Pen) et notamment états-uniens: John F. Kennedy et George W. Bush (Le Monde selon Bush, 2004). Opération Lune, faux documentaire étayant l’hypothèse qui veut que l’alunissage du 20 juillet 1969 ait été un canular, fut diffusé la première fois en 2002 sur Arte à l’occasion du 1er avril.

 

Filmographie sélective :

1992 : La Rafle du Vel-d'Hiv (La Marche du siècle, France 3)

1995 : Contre l'oubli (Documents, France 2)

1999 : Histoire d'une droite extrême (Les Mercredis de l'Histoire, Arte)

2002 : Opération Lune (Les Mercredis de l'Histoire, Arte)

2004 : Le Monde selon Bush

2011 : Philip Roth, sans complexe (Arte)

2015 : Jusqu'au dernier : la destruction des juifs d'Europe (France 2 et RTBF)

2015 : François Mitterrand - Que reste-t-il de nos amours ? (Arte)

2017 : Une terre deux fois promise: Israël-Palestine (Arte)

 

William Laboury 

 

William Laboury est un jeune réalisateur, monteur et graphiste français, diplômé de l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son. Il a par ailleurs réalisé l’affiche de cette 20e édition des Journées cinématographiques. Dans ses films, les mondes virtuels et la pop culture sont interrogés, consacrés et détournés à la fois. Ils constituent tour à tour une prison et une échappatoire – en témoignent la jeune femme holographique condamnée à vivre dans un bocal de Yandere, mais aussi l’héroïne de Chose mentale qui s’aventure dans le monde extérieur via un dispositif de réalité virtuelle. La séance du dimanche 26 à 16h30 présentera un aperçu de son travail, entre clips et courts-métrages, mais aussi celui d’artistes proches de son univers (dont Julia Artamonov, réalisatrice et actrice principal du film de William Laboury Hotaru)

 

Filmographie sélective :

2015 : Fais le mort

2016 : Hotaru

2016 : Appétit (clip)

2017 : Chose Mentale

2018 : Fangs Out (clip)

2019 : Yandere

 

Arnaud & Jean-Marie Larrieu

 

Depuis la fin des années 1990 et leur passage au long-métrage, les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu creusent un sillon unique au sein du cinéma français. Une filmographie à part, en sept longs-métrages (ainsi qu’un moyen-métrage) sensuels et mystérieux, peuplés par une foule de personnages – toujours interprétés par des acteurs populaires et reconnus : Mathieu Amalric, Sergi López, Karin Viard, Sabine Azéma, Daniel Auteuil, Isabelle Carré, Hélène Fillières, Maïwenn... – fidèles leurs désirs coûte que coûte. En décidant d’accueillir pleinement le songe de chacun, d’en faire un film, d’épouser jusqu’à l’irrationnel de leurs (nos) émotions, le cinéma des Larrieu passe allègrement de la comédie romantique au thriller, sans oublier le cinéma de science-fiction. Du tragique à la comédie. Le tout sans jamais vraiment s’éloigner des Pyrénnées de leur enfance, terrain d’aventure qui modèle aujourd’hui encore leur vision du monde et du cinéma.

 

Filmographie sélective :

2001 : La Brèche de Roland

2003 : Un homme, un vrai

2005 : Peindre ou faire l'amour

2008 : Le Voyage aux Pyrénées

2009 : Les Derniers Jours du monde

2013 : L'amour est un crime parfait

2015 : Vingt et une nuits avec Patti 

 

Sergi López 

 

Sergi López débute au théâtre dans son pays. C'est en France qu'il obtient son premier rôle à l'écran, en tenant le rôle principal masculin dans La Petite Amie d'Antonio (Manuel Poirier, 1992). Il enchaîne ensuite les rôles principaux, tournant en alternance en France et en Espagne. Polyglotte (il tourne tantôt en catalan, en espagnol, en français et en anglais), il est en 2001 le premier acteur étranger à recevoir un César du meilleur acteur en France, pour son rôle inquiétant dans Harry, un ami qui vous veut du bien de Dominik Moll. Capable de jouer dans plusieurs registres – on le connaît aussi sensuel et attirant dans les films des frères Larrieu (Peindre ou faire l’amour, Les Derniers jours du monde, 21 Nuits avec Pattie) –, Sergi López interprète dans Le Labyrinthe de Pan un militaire sadique, prêt à tout pour écraser la résistance anti-franquiste. Il reviendra avec nous sur le film de Guillermo del Toro mais aussi sa carrière entre plusieurs langues et genres cinématographiques.

 

Filmographie sélective en tant qu’acteur :

1992 : La Petite Amie (d'Antonio de Manuel Poirier)

1997 : Western (de Manuel Poirier)

1998 : La Nouvelle Ève (de Catherine Corsini)

2000 : Harry, un ami qui vous veut du bien (de Dominik Moll)

2001 : Le Lait de la tendresse humaine (de Dominique Cabrera)

2001 : Les Femmes... ou les enfants d'abord... (de Manuel Poirier)

2001 : Au bonheur des hommes (de Roberto Santiago)

2002 : Dirty Pretty Things (de Stephen Frears)

2004 : Les Mots bleus (d'Alain Corneau)

2004 : Peindre ou faire l'amour (d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu)

2006 : Le Labyrinthe de Pan (de Guillermo Del Toro)

2007 : Parc (de Arnaud des Pallières)

2009 : Les Derniers jours du monde (de Arnaud et Jean-Marie Larrieu)

2010 : Potiche (de François Ozon)

2013 : Michael Kohlhaas (d'Arnaud des Pallières)

 

2015 : Vingt et une nuits avec Pattie (d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu)

2018 : L'Homme qui tua Don Quichotte (de Terry Gilliam)

2018 : Heureux comme Lazzaro (d'Alice Rohrwacher)

 

Bertrand Mandico

 

Bertrand Mandico est l’auteur de nombreux courts-métrages très remarqués (Boro in the Box, Notre-Dame des hormones, Y a-t-il une vierge encore vivante ?) et du long-métrage déjà culte Les Garçons sauvages (2017, avec Pauline Lorillard, Vimala Pons, Diane Rouxel, Anaël Snoek et Mathilde Warnier). Sa cinéphilie fait la part belle au fantastique, à l’organique et au surréalisme. Alors qu’il continue de réaliser (Ultra Pulpe en 2018 et bientôt Paradis Sale), Bertrand Mandico est de passage aux Journées cinématographiques pour une carte blanche en deux films japonais cultes, accompagnés de son film ExtaZus.

 

Filmographie sélective :

2011 : Boro in the Box (cm)

2014 : Souvenirs d'un montreur de seins (cm)

2014 : S Sa Salam Salammbo (cm)

2015 : Notre Dame des hormones (cm)

2015 : Y a-t-il une vierge encore vivante? (cm)

2015 : Hormona

2017 : Les Garçons sauvages

2018 : Ultra Pulpe (cm)

2019 : ExtaZus (cm)

Alain Mazars

 

Alain Mazars est professeur coopérant en République populaire de Chine à la fin des années 1970. D’abord rebuté par les conditions de vie dans la Chine de l’après-Mao, il apprend la langue chinoise et finit par se passionner pour le pays. Influencé par le cinéma expérimental mais avant-tout autodidacte, il est alors l’un des très rares étrangers à réaliser des films en Chine, tournant souvent sans autorisation (Au-delà du souvenir, 1986). En 1990, Printemps perdu est son premier long-métrage de fiction (avant Ma sœur chinoise en 1994, avec Alain Bashung). On y découvre un cinéaste véritablement libre, affranchi des codes du cinéma chinois ou même français, et qui fait la part belle à la délica-tesse, sans rien cacher pourtant des affres d’une Chine sortant à peine du grand chaos maoïste. Sur un récit à la Peter Ibbetson (où Gary Cooper retrouvait Ann Harding en rêve, depuis sa cellule), Printemps perdu est une ode à la sensibilité. Ses paysages souvent oniriques en font probablement le seul film qui puisse invoquer à la fois Robert Bresson et la peinture chinoise, sans que l’un ne prenne l’ascendant sur l’autre.

 

Filmographie sélective :

1979 : Rouges silences (cm)

1981 : Souvenirs de printemps dans le Liaoning (cm)

1982 : Le Jardin des âges (cm)

1986 : Au-delà du souvenir (cm)

1988 : Le Pavillon aux pivoines

1990 : Printemps perdu

1994 : Ma sœur chinoise

2000 : La Moitié du ciel

2009 : Sur la route de Mandalay (cm)

2012 : La Chine et le réel

2014 : Une histoire birmane

2015 : Jacques Tourneur, le médium

2015 : Tout un monde lointain

2016 : Tod Browning, le jeu des illusions

 

Bulle Ogier

 

Bulle Ogier est l’une des plus grandes actrices françaises. D’abord comédienne de théâtre avec Marc’O (qui passera à la réalisation en adaptant sa pièce, Les Idoles, en 1967), elle est révélée au cinéma par Jacques Rivette (L’Amour fou, 1968) et Alain Tanner (La Salamandre, 1971), avant de tracer un sillon toujours singulier jusqu’à aujourd’hui. D’un naturel discret, elle devient pourtant une égérie de l’underground. Proche de Werner Schroeter (Flocons d’or, 1976), Marguerite Duras ou même Rainer Werner Fassbinder, elle tourne dans plusieurs films jugés sulfureux, notamment ceux de son mari Barbet Schroeder (La Vallée, 1972, Maîtresse, 1976). Elle travaille aussi beaucoup au théâtre aux côtés de Claude Régy, Luc Bondy et Patrice Chéreau. À quatre-vingts ans et avec la collaboration de la journaliste et amie Anne Diatkine, elle publie J’ai oublié (Seuil, prix Médicis de l’Essai 2019) où elle revient sur toute une vie vouée à la liberté et à l’imaginaire.

 

Filmographie sélective en tant qu’actrice :

1968 : Les Idoles (de Marc’O)

1969 : L'Amour fou (de Jacques Rivette)

1971 : Les Stances à Sophie (de Moshé Mizrah)

1971 : La Salamandre (d'Alain Tanner)

1972 : La Vallée (de Barbet Schroeder)

1972 : Le Charme discret de la bourgeoisie (de Luis Buñuel)

1974 : La Paloma (de Daniel Schmid)

1974 : Céline et Julie vont en bateau (de Jacques Rivette)

1975 : Un ange passe (de Philippe Garrel)

1976 : Des journées entières dans les arbres (de Marguerite Duras)

1976 : Flocons d'or (de Werner Schroeter)

1976 : Duelle (de Jacques Rivette)

1976 : Maîtresse (de Barbet Schroeder)

1976 : Sérail (d'Eduardo de Gregorio)

1979 : Le Navire Night (de Marguerite Duras)

1979 : La Troisième génération (de Rainer Werner Fassbinder)

1981 : Le Pont du Nord (de Jacques Rivette)

1981 : Notre Dame de la Croisette (de Daniel Schmid)

1984 : Tricheurs (de Barbet Schroeder)

1988 : La Bande des quatre (de Jacques Rivette)

1991 : Nord (de Xavier Beauvois)

1995 : Circuit Carole (d'Emmanuelle Cuau)

1996 : Irma Vep (d'Olivier Assayas)

1999 : Au cœur du mensonge (de Claude Chabrol)

1999 : Vénus Beauté (Institut) (de Tonie Marshall)

2006 : Belle toujours (de Manoel de Oliveira)

2007 : Ne touchez pas la hache (de Jacques Rivette)

2010 : Chantrapas (de Otar Iosseliani)

2019 : Merveilles à Montfermeil (de Jeanne Balibar)

 

Raymond Rajaonarivelo

 

Raymond Rajaonarivelo est certainement un des réalisateurs qui s’est fait le plus remarquer en tant qu’auteur malgache et qui a le plus permis de mettre en avant la culture et l’identité de l’île. En 1988, Tabataba, son premier long-métrage, en sélection à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, obtient plusieurs prix et le révèle au public. Son deuxième film, Quand les étoiles rencontrent la mer, en 1996, consolide sa position d’auteur sensible, attentif à la poésie et la puissance mystique de son territoire natal. Il signe en 2005 un documentaire intitulé Mahaleo, portrait musical de Madagascar à travers un de ses groupes les plus connus et respectés. Aujourd’hui rarement projeté, Quand les étoiles rencontrent la mer est le dernier film malgache tourné en pellicule 35mm.

 

Filmographie :

1974 : Izaho lokanga, ianao valiha (cm)

1980 : Babay sa lohovohitra (cm)

1994 : Le jardin des corps (cm)

1988 : Tabataba

1996 : Quand les étoiles rencontrent la mer

2005 : Mahaleo (co-réalisé avec Marie-Clémence Paes et Cesar Paes)

 

Amin Sidi-Boumédiène

 

Amin Sidi-Boumédiène est un réalisateur, scénariste, monteur, producteur et musicien algérien. Il est diplômé en réalisation du Conservatoire Libre du Cinéma Français à Paris (France). Son premier court-métrage, Demain, Alger ? a été sélectionné dans de nombreux festivals à travers le monde. L'Île, son second court-métrage, a gagné le Prix du meilleur film au Festival d'Abu Dhabi. Il fait en 2014 son troisième court Serial K., projeté aux journées Cinématographiques de Béjaia. Abou Leila, tourné en Algérie et sélectionné à la 58e Semaine de la Critique est son premier long-métrage.

 

Filmographie :

2005 : Le premier dîner du docteur L. (cm)

2008 : 2+2=1 (cm)

2010 : Vanessa 1.0 (cm)

2011 : Demain, Alger ? (cm)

2011: Appels en absence (cm)

2012 : L'Île (cm)

2014 : Serial K. (cm)

2019 : Abou Leila

 

Mathias Théry 

 

Mathias Théry et Étienne Chaillou se sont rencontrés dans les ateliers de l’École nationale supérieure des arts décoratifs à Paris, où l’un s’était spécialisé en cinéma d’animation et l’autre en vidéo. Ils réalisent leurs films ensemble – Les Altans (2010), Les Autres (2008), Cherche toujours (2008) – et prennent en charge l’écriture, le tournage et le montage. Ils aiment observer le réel et l’illustrer en utilisant le dessin animé, la photographie, la peinture, voire la marionnette. Un mélange De septembre 2012 à mai 2013, la France s’enflamme sur le projet de loi du « mariage pour tous ». Pendant ces neuf mois de gestation législative, la sociologue Irène Théry explique à son fils les enjeux du débat. De ces récits naît un cinéma d’ours en peluche, de jouets, de bouts de carton : La Sociologue et l'Ourson. Pour leur nouveau film, La Cravate, Mathias Théry et Étienne Chaillou ont suivi Bastien qui milite depuis cinq ans dans le principal parti français d’extrême droite. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, on le surprend à rêver d’une carrière, mais de vieux démons ressurgissent... Pendant le tournage, les réalisateurs ont pris des notes et, après un long travail de rédaction, ces notes sont devenues un récit de vie, celui de Bastien, que le militant du Front national lit, assis dans un fauteuil, face à la caméra. La Cravate constitue une réflexion sur l’image qu’on donne de soi-même et la place laissée à l’invisible dans le récit. Un film puissant, d’une rare force documentaire et romanesque.

 

Filmographie :

2008 : Les Autres

2008 : Cherche toujours

2010 : Les Altans

2013 : La Sociologue et l’Ourson

2019 : La Cravate

 

Dominique Vidal

 

Dominique Vidal est graphiste et superviseur d’effets visuels chez BUF Compagnie, l’un des plus grands studios d’effets visuels français (studio à l’origine entre autres du « bullet time » de Matrix). Il est souvent impliqué dans la préproduction des films pour la recherche graphique et technique. Il a travaillé sur plus de trente films dont Fight Club, Matrix Reloaded, Matrix Revolutions, 2046, Batman Begins, Spiderman 3, Speed Racer, The Dark Knight, Enter the Void, The Grandmaster, L’Odyssée de Pi, Blade Runner 2049, The Lobster, The House That Jack Built ou encore la série Twin Peaks : The Return. Pour les Journées cinématographiques, il reviendra sur sa carrière et nous dévoilera les secrets visuels du film de Lana et Lilly Wachowski, Speed Racer.

 

 

Nos autres invités :

Nicolas Thévenin (critique et enseignant en cinéma), Guillaume Géhannin (réalisateur), Diana Vidrascu (réalisatrice), Julien D. Benoît (réalisateur), Bertrand Dezoteux (réalisateur), Maxence Stamatiadis (réalisateur), Romain Baujard (réalisateur), Victor Bournerias (programmateur), Julia Artamonov (réalisatrice), Léa Chesneau (programmatrice), Brieuc Schieb (réalisateur), Nadia Meflah (critique et formatrice en cinéma), Eugénie Zvonkine (enseignante en cinéma), Joséphine Derobe (réalisatrice et artiste dans les domaines du cinéma, des arts numériques, de la réalité virtuelle et de la 3D), Théo Deliyannis (programmateur), Félix Fattal (réalisateur), Anaïs Commaret (réalisatrice), Tangui Perron (historien), Jean-Victor Blanc (écrivain), Stéphane Gatti et Jean-Jacques Hocquard (président du Fonds de dotation Armand Gatti), Marin Schaffner (ethnologue).