mercredi 3 décembre 2014
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Eric Rohmer - Ma nuit chez Maud (1969) Trailer    2:36
20H00 // 

Les écrans philosophiques : Ma nuit chez maud

La transcendance comme un jeu : éthique et romanesque dans Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer. Présentation par Sylvie Robic, maître de conférences à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense.

Ecran 2 : SYLVIE ROBIC
Durée : 1h50 - Tarif habituel, abonnés : payez une place, venez à deux !
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MA NUIT CHEZ MAUD D’ÉRIC ROHMER
France/1969/NB/1h50
avec Jean-Louis Trintignant, Françoise Fabian, Marie-Christine Barrault, Antoine Vitez

 

Un ingénieur dans une ville de province rencontre à l’église, Françoise, dont il décide qu’elle sera sa femme mais éprouve aussi une très grande attirance pour Maud, une jeune femme indépendante qu’un ami lui a présentée. Le troisième volet des Contes moraux d’Éric Rohmer. « J’ai soif de montrer la transcendance d’une façon détournée, comme un jeu. »


Ainsi Éric Rohmer résume-t-il, comme par mégarde et sur le mode d’une confidence amusée, l’enjeu de tout son cinéma. De cette combinaison singulière de l’éthique et du romanesque, Ma nuit chez Maud, sorti en 1969, propose sans doute l’illustration la plus évidente, même s’il faut toujours, chez Rohmer, se méfier des apparentes évidences. Dans ce troisième volet de la série des Contes moraux, la part de la littérature est fondamentale, de même que l’influence de la culture classique du cinéaste. Le film, tourné à Clermont-Ferrand dans l’hiver 1968, est le fruit de multiples écritures : une nouvelle, Rue Monge, écrite en 1944, transformée en un scénario très littéraire en 1968 (publié avec les autres Contes moraux en 1974), lui-même modifié par le tournage et édité comme tel par l’Avant-scène Cinéma en 1969. Il est aussi considérablement influencé par la figure de Blaise Pascal et par L’Entretien sur Pascal, réalisé par Rohmer en 1965 pour la Télévision scolaire – le film pédagogique servant ici de laboratoire expérimental à la fiction à venir. Ma nuit chez Maud est un exemple magnifique de ces courbes voies, plus ou moins clandestines et souterraines, par lesquelles, mine de rien, le cinéma délibérément impur d’Éric Rohmer, détourne, retourne le principe même de la littérature: en mettant en scène avec la distance d’un moraliste, en un étrange mélange d’empathie et d’ironie, des personnages « romanesques », c’està-dire emportés par leur désir de fabulation, enivrés par la parole fabulatrice, et presque inéluctablement soumis à l’épreuve des désillusions.
Sylvie Robic

Les écrans philosophiques : Ma nuit chez maud