Invités

6-12 Février 2019

19es JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DIONYSIENNES

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Astrid Adverbe

Comédienne de théâtre et de cinéma, formée en France et à New York, Astrid Adverbe est également réalisatrice de documentaires de création qui ont été montrés notamment au festival Côté Court de Pantin.

 

Filmographie sélective :

L’avocat de Cédric Anger (2010), Poursuite de Marina Déak (2011), Nuits Blanches sur la jetée de Paul Vecchiali (2014). En tant que réalisatrice: Mé Damné (2007), Ma fleur maladive (2013).

 

Antoine d'Agata

Né à Marseille en 1961, Antoine d’Agata quitte la France en 1983 pour voyager à travers le monde. Très intéressé par la photographie, il s’établit en 1990 à New York et suit des cours à l’International Center of Photography, avec Larry Clark et Nan Goldin comme professeurs. Au même moment, d’Agata travaille au département éditorial de l’agence Magnum. Il retourne en France et se lance dans la photographie. Ses premiers livres de photographie sont publiés en 1998, De Mala Muerte et De Mala Noche. Les années suivantes il expose en galerie. En 2001 il publie Hometown et gagne le prix Niépce. Il continue par la suite à publier régulièrement (en 2003 paraissent Vortex et Insomnia, en accompagnement de son exposition 1001 nuits). En 2004, d’Agata devient photographe associé chez Magnum et tourne son premier court-métrage, Le Ventre du Monde. Dans les années qui suivent il travaille sur la vie nocturne au Japon et tourne son premier long-métrage, Aka Ana. Présenté au festival, White Noise est le récit d’un voyage tourmenté d’Antoine d’Agata dans le monde souterrain de la prostitution. Du Cambodge et du Japon à la Norvège ou à l'Ukraine, de Cuba et des États-Unis à la Géorgie ou au Brésil, il livre la vision fiévreuse de femmes filmées dans des instants de paroxysme sexuel ou narcotique, prises dans la logique sans issue d'addictions diverses auquel le photographe s’adonne lui-même.

 

Filmographie :

Le Ventre du Monde (2004), El cielo del muerto (2005), Aka Ana (2008), Atlas (2013), White Noise (2016-2019)

 

Bibliographie :

De Mala Muerte (1998), De Mala Noche (1998), Hometown (2001), Vortex (2003), Insomnia (2003), Acéphale (2018), La nuit épuisée (2018), Obscurana (2018), Fleurs du mal (2019)

 

Toranosuke Aizawa

Né en 1974 dans la préfecture de Saitama au Japon, Toranosuke Aizawa intègre le club de cinéma de l’Université de Waseda avant de former le collectif Kuzoku avec Katsuya Tomita. Il passe à la réalisation en 1997 avec Flower Story Babylon (Festival de Yamagata). En 2012, Guns of Babylon développe une récit se déroulant entre la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge. Toranosuke Aizawa a collaboré en tant que scénariste sur trois films de Katsuya Tomita : Off Highway 20, Saudade et Bangkok Nites.

 

Filmographie réalisateur :

Flower Story Babylon (1997), Katabira Street (2003), Guns of Babylon (2012)

Filmographie sélective :

Off Highway 20 (2007), Saudade (2011), Chiang Rai Girl (cm, 2012) Bangkok Nites (2016)

 

Mati Diop

Née à Paris en 1982, Mati Diop intègre en 2006 le Pavillon, laboratoire de recherche artistique du Palais de Tokyo, puis le Studio national des arts contemporains du Fresnoy en 2007. En 2008, elle joue un premier rôle dans  35 rhums de Claire Denis. La même année, elle présente le projet 1000 soleils au festival de Cannes, un documentaire sur l’héritage du film Touki Bouki (réalisé en 1973 par Djibril Diop Mambéty, oncle de Mati Diop). Le film sort finalement en 2013 sous le titre Mille soleils. Ses court-métrages ont été présentés lors de différents festivals internationaux. Atlantiques a obtenu le Tigre du meilleur court-métrage au festival du film de Rotterdam 2010.

 

Filmographie :

Last Night (2004), Atlantiques (2010), Snow Canon (2011), Big in Vietnam (2012), Mille soleils (2013), Liberian Boy (2015)

 

Emmanuel Finkiel

Né à Boulogne-Billancourt en 1961, le réalisateur Emmanuel Finkiel a été assistant réalisateur pendant seize ans aux côtés de Jean-Luc Godard sur le film Nouvelle Vague et avec Krzysztof Kieślowski sur la trilogie Bleu, Blanc et Rouge. Son premier film, Voyages (1999), évoque la mémoire des déportations juives à travers du voyage d'un groupe de juifs israéliens d'origine polonaise. Le film rencontre un grand succès critique et reçoit le Prix Louis-Delluc et le César du meilleur premier film).

 

Filmographie sélective :

Voyages (1999), Les Européens (2006), Nulle part, terre promise (2009), Je suis (2012), Je ne suis pas un salaud (2016), La Douleur (2017).

 

Tony Gatlif

Acteur, auteur, réalisateur, producteur, Tony Gatlif parcourt le cinéma sous le signe de la culture gitane. Né en 1948 dans la banlieue d’Alger, il est le fils d’un algérien et d’une gitane andalouse. Lorsqu’à 12 ans, sa famille tente de le marier à une fillette qu’il ne connaît pas, il refuse et s’en va vivre comme cireur de chaussures en ville. De là, il rejoindra la France où il fera une rencontre déterminante avec Michel Simon en 1966 qui lui donnera l’impulsion pour entrer dans le métier. Pendant sept ans, il fait du cinéma, du théâtre et de la télévision tout en ayant une sainte horreur d’être dirigé. Un jour, il abandonne tout et devient scénariste. Son premier film La rage aux poings, tourné par Eric Le Hung en 1973, évoque sa période difficile en maison de correction. Sa double origine va imprégner ses films suivants : La terre au ventre (1978) évoque la guerre d’Algérie, Les Princes (1983) se penche sans concession sur les Gitans sédentarisés en région parisienne. Familier de la marginalité, il réalise Rue du départ en 1986, histoire d’une fugue, puis un conte, Pleure pas my love en 1988 où le réalisateur se révèle véritable peintre des sentiments. En 1990, il réalise une comédie sociale intitulée Gaspard et Robinson. Retour aux sources gitanes et musicales avec Latcho Drom en 1992, mi-fiction mi-documentaire dédié aux Roms (et à la musique tzigane) que l’auteur suit durant un périple d’un an entre l’Inde, le Rajasthan, l’Egypte, la Roumanie, la Hongrie et la France. Le dernier film de sa trilogie gitane sera Gadjo Dilo (Léopard d’argent à Locarno en 1997) avec Romain Duris et Rona Hartner. Entre temps il signe une comédie dramatique (Mondo ,1994) inspirée d’une nouvelle de J.M. G. Le Clézio et deux documentaires dédiés à la musique pour la télévision Lucumi, le Rumbero et I Muvrini. Après le film Je suis née d’une cigogne où il retrouve le comédien Romain Duris, Toni Gatlif s’empare du flamenco avec Vengo mettant en scène le célèbre danseur Antonio Canales. Le film obtient le César 2001 de la meilleure musique. Puis c’est au cœur d’une communauté manouche sédentarisée à Strasbourg qu’il tourne Swing en 2001, une œuvre imprégnée de jazz manouche évoquant un sujet rare et difficile : la déportation des gitans. En 2004, pour la première fois de sa carrière, son film Exils est sélectionné au festival de Cannes : Toni Gatlif y remporte le prix de la mise en scène. Après Liberté en 2009 et Géronimo en 2013, son dernier film Djam raconte l’histoire de réfugiés entre la Grèce et la Turquie, et c’est pour Tony Gatlif, une façon de raconter l’actualité.

 

Filmographie sélective :

Les Princes (1983), Latcho Drom (1993), Gadjo Dilo (1997), Vengo (2000), Exils (2004), Transylvania (2006), Korkoro (2009), Geronimo (2014), Djam (2017)

 

Issu de la biographie de la Documentation de Radio France, septembre 2014.

 

Robert Guédiguian

Né en 1953 à Marseille, Robert Guédiguian est un réalisateur, producteur et scénariste français. Il adhère au Parti communiste français 1968 à l’âge de 14 ans. Rêvant de devenir un intellectuel communiste, il dévore le Manifeste du parti communiste et s’engage activement, jusqu'à l'abandon du programme commun et l'éclatement de la gauche française à l'automne 1977. Il rend sa carte deux ans plus tard et réalise son premier film. S’ensuit une grand nombre de fictions traitant des thèmes de la vie sociale et politique contemporaine. Dans son cinéma comme dans son activité de producteur plane l’idée utopique que l’art conscient de lui-même peut changer le monde, sans que l’artiste lucide néglige d’intervenir directement dans le débat public, à l’instar d’un Pier Paolo Pasolini, auteur de référence pour Guédiguian. En plus des fictions, il a aussi réalisé des documentaires, notamment sur les derniers jours de François Mitterrand ou l'Arménie (Robert Guédiguian est d’origine arménienne). En 1997 il est récompensé par le prix Louis-Delluc pour son film Marius et Jeannette, sélectionné au festival de Cannes 1997 dans la section Un certain regard.

 

Filmographie sélective :

Dernier Été (1980), Rouge Midi (1985), Dieu vomit les tièdes (1991), L'argent fait le bonheur (1993), À la vie, à la mort ! (1995), Marius et Jeannette (1997), À la place du cœur (1998), La ville est tranquille (2000), Mon père est ingénieur (2004), Le Promeneur du Champ-de-Mars (2005), Le Voyage en Arménie (2006), L'Armée du crime (2009), Au fil d'Ariane (2014), Une histoire de fou (2015), La Villa (2017).

 

Med Hondo

Med Hondo est né en 1936 en Mauritanie. Il arrive à Marseille en 1959. D'abord docker, puis cuisinier, il découvre alors le théâtre, s'inscrit aux cours d'art dramatique puis participe à la création du Comité africain des cinéastes. Il joue pour divers réalisateurs (Costa-Gavras, John Huston...) et écrit, en 1965, le scénario de Soleil Ô (restauré en 2017 par la Film Foundation de Martin Scorsese) sur la condition des ouvriers immigrants, qu'il termine en 1969. Med Hondo défini le film comme « 10 ans de gaullisme vus par les yeux d’un Africain à Paris ». Après sa sélection à Cannes, le film est interdit dans plusieurs pays pour raisons diplomatiques. En 1973 sort Les Bicots-nègres, vos voisins, toujours sur le thème de la vie des immigrés et du racisme en France. En 1977, il tourne un film sur la lutte du Front Polisario, Nous aurons toute la mort pour dormir. En 1979, il revient à son thème initial avec West Indies ou les nègres marrons de la liberté, un récit sur l’esclavage et le colonialisme dans les Caraïbes. Hondo qualifie lui-même le film de « music-hall tragi-comique ». En 1986, il reçoit le grand prix du Fespaco au Burkina Faso et le prix du meilleur film au festival de Londres avec Sarraounia. En 1994, sort Lumière noire, polar entre France et Mali adapté d'un roman de Didier Daeninckx, puis en 2002 Watani, un monde sans mal et Fatima, l'algérienne de Dakar en 2004. Parallèlement à ses activités de réalisateur et metteur en scène, Med Hondo est très réputé pour son travail de doubleur : il est la voix française régulières de nombreux acteurs afro-américains tels que Eddie Murphy, Morgan Freeman, Carl Weathers, Laurence Fishburne, Richard Pryor... Dans le domaine de l'animation, sa voix est reconnaissable dans Le Roi lion (Rafiki) ou dans Shrek (l'âne).

 

Filmographie sélective :

Soleil Ô (1969), Les Bicots-nègres, vos voisins (1973), Nous aurons toute la mort pour dormir (1976), West Indies ou les nègres marrons de la liberté (1979), Sarraounia (1986), Lumière noire (1994), Watani, un monde sans mal (1998), Fatima, l'algérienne de Dakar (2004)

 

Bibiliographie :

Med Hondo – Un cinéaste rebelle, Ibrahima Signaté, Présence Africaine, 1994.

 

Jacques Kebadian

 Né en 1940 à Paris, Jacques Kebadian étudie à l’IDHEC (aujourd’hui Fémis). Par la suite il est assistant-réalisateur sur trois films de Robert Bresson : Au hasard Balthazar (1966), Mouchette (1967) et Une femme douce (1969), où il joue aussi un petit rôle. Il réalise son premier film, Trotsky, en 1967. Patrice Chéreau y tient le rôle principal. Pendant les événements de mai 68, Jacques Kebadian s’engage aux côtés des grévistes.  Il participe à la création des États Généraux du Cinéma, filme les grèves ouvrières et co-fonde le collectif militant ARC, qui verra la création de Le Droit à la parole, Joli mois de mai, Comité d'action 13. Ces films dénoncent les conditions du travail ouvrier dont l’intoxication par vapeurs de soude, les maladies mortelles, la police patronale, etc. Pour son action militante il écope de deux mois de prison avec sursis. Documentariste engagé, Jacques Kebadian a réalisé de nombreux films sur des sujets tels que la mémoire, les luttes des familles africaines sans papiers, les Indiens zapatistes… D’origine arménienne, Kebadian consacre aussi plusieurs films au génocide et à la diaspora arménienne. En 1982, il crée l’Association Audiovisuelle Arménienne et organise le Festival du Cinéma Arménien au Studio 43 à Paris, festival qui connaîtra quatre éditions entre 1984 et 1989.

 

Filmographie sélective :

Trotsky (1967), Germaine Tillion (1974), Douze jours en Arménie (1975), Arménie 1900 (1981), Les cinq sœurs (1985), Blanche et Claire (1987), Apsaras (1989), Mémoires arméniennes (1993), D'une brousse à l'autre (1998), 20 ans après (2002), La bataille des Paravents (2005), Dis-moi pourquoi tu danses ? (2014), Les révoltés: images et paroles de Mai 1968 (2019)

 

Bernard Menez

Né à Mailly-le-Château en 1944, Bernard Menez est comédien, musicien et réalisateur. Il débute sa carrière au théâtre après avoir suivi les cours de Raymond-Girard, professeur au Conservatoire national de Paris. En 1970, il fonde avec Jean-Pierre Fontaine la Compagnie Sganarelle. Il débute au cinéma aux côtés de Jacques Rozier dans Du côté d'Orouët puis Maine Océan, Nono Nénesse... Ce travail lui permet de rencontrer François Truffaut qui le fera jouer dans La Nuit américaine.

Bernard Menez a également réalisé Les p’tites têtes et mis en scène Patate de Marcel Achard, Pauvre France de Ron Clark et Sam Bobrick et la première pièce d’Eric Assous, Une fille entre nous.

Egalement musicien et chanteur, Bernard Menez est connu pour être l’interprète de Jolie Poupée (disque d’or en 1984), deux albums ainsi que divers spectacles musicaux tels que La Route fleurie et La Belle de Cadix de Francis Lopez, La Vie parisienne et La belle Hélène de Jacques Offenbach ou encore Le Chapeau de paille d'Italie d'Eugène Labiche.

 

Filmographie (sélective) en tant qu’acteur :

La Grande Bouffe de Marco Ferreri (1973), La Nuit américaine de François Truffaut (1973), Du côté d'Orouët de Jacques Rozier (1973), L'Avare de Jean Girault et Louis de Funès (1980), Maine Océan de Jacques Rozier (1986), Les Saisons du plaisir de Jean-Pierre Mocky (1987), La Bête de miséricorde de Jean-Pierre Mocky (2000), La Chose publique de Mathieu Amalric (2003), Tonnerre de Guillaume Brac (2013), Le Cabanon rose de Jean-Pierre Mocky (2016), À cause des filles?... de Pascal Thomas (2019).

 

Jean-Luc Nancy

Un des philosophes les plus influents aujourd’hui en France, Jean-Luc Nancy, né à Bordeaux en 1940, explore les pistes dégagées par Heidegger, Bataille, Derrida ou encore Blanchot, entre autres. Il est l’auteur de nombreux ouvrages s'intéressant aux sociétés du XXè et XXIè siècle : ainsi le développement des nationalismes et la fin de la Modernité, l’apparition des communautés « désoeuvrées » ou encore les effets de la globalisation. Certains de ses textes ont servis d’inspiration au cinéma, ainsi L’Intrus (Paris, Galilée, 2000) a été adapté par Claire Denis (L’Intrus, 2004).

Jean-Luc Nancy est professeur émérite à l’Université Marc Bloch (Strasbourg) et collaborateur aux universités de Berkeley et Berlin.

 

Bibliographie sélective :

Noli me tangere (Paris, Bayard, 2003), L’évidence du film (Bruxelles, Yves Gevaert, 2001), Les Muses (Paris, Galilée, 1994), La Création du monde ou la Mondialisation (Paris, Galilée, 2002), La Déclosion, Déconstruction du christianisme I (Paris, Galilée, 2005)

 

Rachid Nougmanov

Né en Almaty (autrefois Alma-Ata) en 1954, Rachid Nougmanov est un cinéaste et dissident politique kazakh. Après des études en architecture, il intègre le prestigieux Institut national de la cinématographie de Moscou. Il réalise son premier film en 1988, L’Aiguille (Igla), et gagne le prix Un certain regard à Cannes. Le film connaît un grand succès public et critique. Entre 1989 et 1992 il devient le président de l’Union des cinéastes kazakhs. À partir de 1993 il s’exile en France, puis à Londres, où il s’engage dans l’activisme.

 

Filmographie :

Zgga (1977), Yahha (1986), Iskusstvo byt smirnym (1987), Igla (1989), The Wild East (1993), Igla Remix (2010)

 

F.J. Ossang

Le réalisateur, poète, écrivain et chanteur F.J. Ossang est né en 1956. Il commence dès 1975 son activité artistique avec tout d'abord l'écriture (influencé par Burroughs, Pélieu, Céline, Artaud, Vaché...) et notamment l'édition d'une revue littéraire, Cée (1977 - 1979- coédition Christian Bourgois). Parallèlement à cette activité, il crée le groupe punk DDP (« De la destruction pure »). F.J. Ossang part pour Paris en 1980, où il étudie à l'IDHEC. Il sévit dans la capitale avec le groupe MKB-Fraction provisoire (Messageros Killers Boys). Membre à part entière du mouvement punk français (il sortira un split avec Lucrate Milk), la musique de F.J. Ossang se rapprochera progressivement de la musique industrielle et de groupes tels que Throbbing Gristle (qui signera la musique de Silencio, 2007), Cabaret Voltaire, Killing Joke, etc. Après plusieurs court-métrages inspirés des situationnistes, Burroughs ou Lénine, il réalise son premier long-métrage L'Affaire des Divisions Morituri (1984), où il interprète lui-même le poète-leader des gladiateurs urbains. Le cinéma de F.J. Ossang est marqué autant par le cinéma muet, l'expressionnisme autant que part l'expérimental ou la littérature de gare. Son deuxième long-métrage, Le Trésor des îles Chiennes (1990), aborde ainsi la science-fiction d'anticipation. Docteur Chance (avec Joe Strummer du groupe The Clash, et nommé pour le léopard d'or de Locarno en 1997) est un road-movie sous influence film noir. En 2007, le court-métrage Silencio, poème cinématographique et musical, fait directement référence aux premières œuvres de F.J. Ossang. Il réalise Dharma Guns en 2011 avec comme actrice principale sa muse et compagne Elvire, ainsi que l'ancien boxeur Stéphare Ferrara. Son dernier long-métrage, 9 Doigts, avec Paul Hamy, Lionel Tua, Damien Bonnard, Pascal Greggory et Gaspard Ulliel, sera présenté lors des 18es Journées cinématographiques dionysiennes.

 

« Ossang a, dès son premier court métrage, posé les bases mouvantes d'un univers sombre mais transpercé d'une lumière aveuglante, où le film de genre se voit constamment remémoré pour mieux s'en éloigner. Voyager, partir, s'égarer : le cinéma d'Ossang se donne l'apparence de la dérive, mais n'abandonne jamais son cap ultime : l'extase. » (Laurence Reymond, in Voyage jusqu'à Ossang sur Fluctuat.net, 2006).

 

Filmographie sélective :

Zona Inquinata - la vie n'est qu'une sale histoire de cowboy (1983), L'Affaire des Divisions Morituri (1984), Le Trésor des îles Chiennes (1990), Docteur Chance (1997), Silencio (2007, court-métrage), Dharma Guns (2011), 9 Doigts (2017)

 

Bibliographie sélective :

Hiver sur les continents cernés. Archives Ossang volume I revue Cée 1977-79, Le Feu Sacré, 2012.

 

Franssou Prenant

Née en 1952 à Paris, Franssou Prenant débute ses études à l'école de cinéma de Paris l'IDHEC. Elle réalise des court-métrages pendant cette période, avec des titres comme Paradis Perdu, sorti en 1975. En 1974, elle interprète une jeune Indienne dans Touche pas à la femme blanche de Marco Ferreri. En 1977, elle travaille sur le tournage de Le diable probablement de Robert Bresson en tant que scripte. À partir de 1982, Prenant travaille comme monteuse pour Romain Goupil, Jacques Kebadian et Raymond Depardon, notamment sur Faits divers, documentaire sur un poste de police de Paris. Le film fut nominé aux César. Elle est aussi l‘actrice et seul personnage représenté du film Empty Quarter de Depardon, réalisé en 1985 et inclus cette année dans la programmation du festival.

 

Filmographie sélective :

Paradis perdu (1975), Habibi (1983), L'Escale de Guinée (1987), Paris, mon petit corps est bien las de ce grand monde (2000), Sous le ciel lumineux de son pays natal (2001), Reviens et prends-moi (2005), I'm too sexy for my body, for my bo-o-ody (2012), Bienvenue à Madagascar (2015).

 

Jacques Rozier

Jacques Rozier est né en 1926 à Paris. En 1947 il fait ses études de cinéma à l'IDHEC, devenant par la suite assistant sur les plateaux de cinéma (notamment sur celui de Jean Renoir pour French Cancan. Ensuite il travaille comme assistant à la télévision et réalise dès le milieu des années 1950 des courts métrages, considérés aujourd’hui comme un précurseur de la Nouvelle Vague. Truffaut l'exhorte à passer au long métrage, et Godard le présente à George de Beauregard, lequel lui signe un contrat en mars 1960 pour une comédie musicale baptisée "Embrassez-nous ce soir..". Le résultat s'intitule Adieu Philippine, ce n'est plus une comédie musicale ni une production de Beauregard mais d'Alain Raygot. En 2001, le réalisateur présente à la Mostra de Venise son dernier film, Fifi Martingale, une comédie qui se déroule dans un théâtre. Du 2 au 26 novembre 2001, une rétrospective intégrale de Jacques Rozier a été présentée au Centre Pompidou. La rétrospective révèle que l'œuvre de Rozier ne se limite pas aux cinq longs métrages sortis en salle du réalisateur. Il a en réalité réalisé une trentaine d'œuvres de différents formats et de différentes durées pour la télévision ou pour le cinéma

 

Filmographie sélective :

Rentrée des classes (1956), Blue jeans (1958), Adieu Philippine (1962), Paparazzi (1964), Le Parti des choses (1964), Du côté d'Orouët (1973), Nono Nenesse (1976), Les Naufragés de l'île de la Tortue (1976), Maine Océan (1986), Fifi Martingale (2001)

 

Katsuya Tomita

Né en 1972 à Kofu au Japon, Katsuya Tomita est l’auteur de quatre long-métrages en vingt ans, témoignant d’un parcours et d’une manière de faire du cinéma atypiques. Travaillant en totale indépendance, il crée le collectif Kuzoku avec lequel il produit et distribue ses films. Son troisième long-métrage Saudade (2011), tourné dans sa ville natale, est invité au Festival international du film de Locarno et remporte la Montgolfière d’or au Festival des 3 Continents de Nantes. Depuis Above the Clouds (2003) son premier film, le cinéma de Tomita n’a cessé de s’ouvrir au monde. Il se déploie à la lisière du documentaire, dans une perpétuelle quête édénique, imprégnée de paradis artificiels, à l’image de Bangkok Nites (2016), trip nostalgique tourné entre la Thaïlande et le Laos. Son œuvre s’impose comme l’une des rares capables d’ausculter avec acuité les plaies du Japon et de l’Asie engendrées par les bouleversements historiques et économiques du monde.

 

Filmographie :

Above the Clouds (2003), Off Highway 20 (2007), Saudade (2011), Chiang Rai Girl (cm, 2012) Bangkok Nites (2016)

 

Annie Tresgot

Née en 1937 à Saint-Mandé, Annie Tresgot est une réalisatrice et monteuse française. Elle travaille d’abord comme monteuse et notamment sur La Punition de Jean Rouch et Les Enfants de Néant de Michel Brault. Dans les mois précédant mai 68, elle commence à tourner Les Passagers qui sera présenté lors de la Semaine de la Critique au Festival de Cannes. Les Passagers apparaît dans l’histoire du cinéma comme un des premiers films à traiter le thème de l’immigration, tout en analysant les réactions profondes au déracinement. Un des meilleurs témoignages en France de ce cinéma direct dont on peut mesurer son influence décisive dans les films d’aujourd’hui.

 

Filmographie :

Fabliau (1957), L'Âge bête (1959), La Folle Passion (1960), Les Passagers (1971), Adieu Pyrénées (1980), L'Ange de l'abîme (1982), Elia Kazan Outsider (1982), Portrait d'un homme à 60% parfait : Billy Wilder (1982)

 

Paul Vecchiali

Paul Vecchiali est né en Corse, à Ajaccio, en 1930. Diplômé de l’École Polytechnique en 1953 et commence à tourner des films dès 1961, poursuivant l’idéal d’un cinéma indépendant et à bas coût. En 1976 il monte “Diagonale”, sa maison de production. En 2013 il tourne deux films l’un Faux accords est sélectionné en compétition au FIDMarseille, Nuits blanches sur la jetée en compétition à Locarno.

 

Filmographie sélective :

Les Petits Drames (1961), Femmes femmes (1974), Rosa la rose, fille publique (1985), Once More (1988, Encore), A vot’bon coeur (2004), Faux accords (2013).