Invités

3-9 Février 2016

15es JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DIONYSIENNES

Feuilleter le programme

Hala Abdallah

 

Hala Abdallah est une réalisatrice syrienne née en 1956 travaillant entre la Syrie et la France depuis 1987. Dans sa jeunesse elle fréquente le ciné-club de Damas organisé par Omar Amiralay et en tire la conscience d'un cinéma comme outil de prise de parole politique. Touche à tout du cinéma, victime de la prison et de la censure, Hala Abdallah persiste à co-réaliser, écrire, produire... et fonde Ramadfilms au Liban à la fin des années 80, structure d'aide aux réalisateurs des pays arabes. Sa rencontre avec le jeune réalisateur Ammar Al-Beik la pousse à réaliser en son nom propre. Avec Je suis celle qui porte des fleurs sur sa tombe (2006), son premier documentaire « d'auteur », elle se réconcilie avec le cinéma en tant qu'objet poétique. Comme si nous attrapions un cobra, tourné entre 2010 et 2012 entre la Syrie et l’Égypte, tâte le pouls d’une liberté appelée à garantir notre avenir et notre droit à l’expression, et à nous préserver des censeurs.

 

Filmographie (sélective)

Je suis celle qui porte les fleurs vers sa tombe (2006), Hé ! N'oublie pas le cumin (2008), Yolla, un retour vers soi (2008), Comme si nous attrapions un cobra (2012)

 

Séance :

- Jeudi 4 février 20:45 : Comme si nous attrapions un cobra, séance suivie d’une rencontre avec Hala Alabdalla

 

 

Pascal Aubier

 

Pascal Aubier est un réalisateur français né en 1943. D'abord étudiant à la Sorbonne et aux Langues'O, il devient, grâce à son ami Barbet Schroeder, assistant sur Paris vu par... et sera amené à travailler plusieurs fois avec Jean-Luc Godard. Pascal Aubier réalise des documentaires et court-métrages à partir de 1965, puis des long-métrages à partir de 1970 (Valparaiso, Valparaiso, Le Chant du départ...). Sa filmographie compte aujourd'hui près d'une soixantaine d’œuvres. Pascal Aubier sera aussi passé au cours de sa carrière par une période « d'auto-exil » longue de presque vingt ans, où il sera devenu professeur de cinéma aux États-Unis mais aussi à Cuba. Tourné entre 2000 et 2004, Allez... (Come on) décline une même situation dans sept pays et cultures différentes.

 

Filmographie (sélective) 

Les Portes (1968), Le Voyage de Monsieur Guitton (1969), Valparaiso, Valparaiso (1971), Le Chant du départ (1975), L'Apparition (1986), Le Fils de Gascogne (1994), Allez... (Come on) (2004)

 

Séance :

- Vendredi 5 février 18:00 : Valparaiso, Valparaiso, séance suivie d’une rencontre avec Pascal Aubier et Rufus

 

 

Jean-Jacques Andrien

 

Jean-Jacques Andrien est né le 1er juin 1944 à Verviers en Belgique. Depuis le début des années 70, il a réalisé plusieurs films mêlant documentaire et fiction primés dans les festivals, notamment à Locarno et Mannheim. Ses œuvres s'intéressent souvent à la Belgique et notamment à sa population paysanne. Il a collaboré avec de nombreux acteurs français et étrangers comme Pierre Clémenti, Jeremy Irons ou encore Fanny Ardant.

 

Filmographie (sélective) 

Le Fils d'Amr est mort (1975), Le rouge, le rouge et le rouge (1972), Le Grand paysage d'Alexis Droeven (1981), Mémoires (1985), Australia (1989), Il a plu sur le grand paysage (2014)

 

Séance :

- Mercredi 3 février 18:30 : Le Fils d’Amr est mort !, séance présentée par Jean-Jacques Andrien, Yorgos Arvanitis et Franck Venaille

 

 

Maiek Bensmaïl

 

Malek Bensmaïl est né en 1966 à Constantine en Algérie. Très jeune, il obtient le premier prix national du Film amateur en Algérie avec une œuvre en super 8. Après des études à Paris et à Saint-Pétersbourg, il consacre des documentaires à l'Algérie et se penche sur les questions de démocratie, modernité-tradition, langage, identité, société, etc. En 1996, Territoire(s) est un essai documentaire qui remporte de nombreux prix. En 1999, son film Boudiaf, un espoir assassiné est déprogrammé par Arte et re-programmé quelques mois plus tard, pour ne pas gêner les élections présidentielles algériennes. Le Grand Jeu est censuré en 2005. Il rend hommage à son père, un des fondateurs de la psychanalyse en Algérie, avec Aliénations (2004), tourné au plus près des malades mentaux, et raconte son enfance dans La Chine est encore loin (2008).

 

Filmographie (sélective) 

Territoire(s) (1996), Decibled (1998), Boudiaf, un espoir assassiné (1999), Plaisirs d'eau (2002), Algérie(s) (2003), Le Grand Jeu (2005), Aliénations (2004), La Chine est encore loin (2008), 1962, de l'Algérie Française à l'Algérie algérienne  (2012), Contre-Pouvoirs (2015)

 

Séance :

- Mercredi 3 février 20:45 : Contre-pouvoirs, séance suivie d’une rencontre avec Malek Bensmaïl, Omar Belhouchet et Mustapha Benfodil

 

 

Christophe Bier

 

Né en 1966, Christophe Bier est acteur (en particulier pour Jean-Pierre Mocky), réalisateur, historien de cinéma et critique de cinéma français. Ses publications portent principalement sur l'érotisme et le pornographique dans le cinéma français. Il est notamment le coordinateur d'un très érudit Dictionnaire des longs métrages français pornographiques et érotiques en 16 et 35 mm.

 

Filmographie (sélective)

Exotisme, coups de poings et porte-jarretelles (2003), Ce nain que je ne saurais voir ! (2005), Jean Gourguet, un artisan du cinéma (2006)

 

Bibliographie 

Dictionnaire des longs métrages français pornographiques et érotiques en 16 et 35 mm (2011), Censure-moi : Histoire du classement X en France (2012), Orgasmo (2012), Les éditions du couvre-feu (2013)

 

Séances :

- Samedi 6 février 22:30 : « La Nuit du porno interdit », séance présentée par Christophe Bier

- Samedi 6 février 00:45 : La Nuit du porno interdit, séance présentée par Christophe Bier et Rurik Sallé

 

 

Yves Boisset

 

Né en 1939, Yves Boisset collabore aux revues Cinéma, Midi Minuit Fantastique et Les Lettres françaises avant de se lancer dans la réalisation et d'incarner, à partir des années 70,  un cinéma de gauche suivant au plus près l'actualité française et ses scandales : politiques, policiers, judiciaires... Il est le premier à aborder la guerre d'Algérie avec R.A.S. en 1973. A partir du milieu des années 80, il se consacre à la télévision et signera de nombreux films historiques (L'Affaire Dreyfus, Jean Moulin...). Habitué à affronter la censure sous toutes ses formes, Boisset persiste et ses films se font au prix de grandes difficultés : opposition du milieu de la police, du gouvernement, tournages empêchés, agressions... Il est considéré comme le cinéaste français le plus attaqué. En 2011, il publie son autobiographie La Vie est un choix (Plon) et raconte à cette occasion comment France-Télévision l'aurait empêché de mettre certaines images d'archives datant de la Seconde Guerre mondiale dans son 12 balles dans la peau pour Pierre Laval (2009).

 

Filmographie (sélective)

Coplan sauve sa peau (1968), L'Attentat (1972), R.A.S. (1973), Taxi mauve (1977), Le Juge Fayard dit le Shériff (1977), Espion, lève-toi (1982), Jean Moulin (2002), L'Affaire Salengro (2009), 12 balles dans la peau pour Pierre Laval (2009)

 

Séance :

- Vendredi 5 février 14:00 : Le Juge Fayard dit « le Shériff », séance présentée par Christophe Champclaux

 

Master Class :

- Vendredi 5 février 16:00 animée par Christophe Champclaux

 

 

Jean-Denis Bonan 

 

Né à Tunis en 1942, Jean-Denis Bonan est cinéaste, plasticien et écrivain. Il a été enseignant à l’Université de la Sorbonne et à l’IDHEC où il participe à la fondation du collectif Cinélutte, une association issue du mouvement de Mai 68. Il a par ailleurs, signé de nombreux film pour la télévision, et est à l’origine du magazine d’actualité artistique Metropolis pour ARTE. Jean-Denis Bonan est surtout connu pour avoir été confronté à la censure dès son premier court métrage Tristesse des anthropophages en 1966 qui a été totalement interdit. Il sera diffusé clandestinement par Ado Kyrou avant de sortir en salle en 2014 via le soutien du distributeur Luna Park Films, qui permettra également la projection du long métrage de Jean-Denis Bonan. C’est deux ans après son Tristesse des anthropophages qu’il écrit, produit et réalise La Femme-bourreau qui ne fut jamais exploité en salle, ni édité ultérieurement en vidéo, n’existant jusqu’en 2014 que sous la forme d’un simple négatif.

 

Filmographie (sélective)

Tristesse des anthropophages (1966), Mathieu-fou (1967), La Femme-bourreau (1968), Les Petits-enfants d’Attila (1973)

 

Séance :

- Samedi 6 février 18:00 : Tristesse des anthropophages et La Femme-bourreau, séance suivie d’une rencontre avec Jean-Denis Bonan

 

 

Jean-Claude Brisseau

 

Cinéaste autodidacte, Jean-Claude Brisseau naît à Paris en 1944. Grand cinéphile mais issu d'une famille modeste, il se tourne d'abord vers l'enseignement et exercera à Aubervilliers en banlieue parisienne. Il réalise des premiers court-métrages en Super 8, films qui seront vu par Eric Rohmer qui l'aidera alors à obtenir le soutien de l'INA. Ses premiers films (La Vie comme ça, 1978, Les Ombres, 1982, mais aussi De Bruit et de fureur en 1988) montrent la banlieue comme on ne l'avait jusque là jamais fait : mal être, violence, mais aussi une pointe d'onirisme qui vient soutenir les êtres. A partir de Céline (1992), Brisseau se tourne plus entièrement vers des rivages qui mêlent mysticisme et plaisir sexuel. Le sous-texte politique demeure, comme dans Choses secrètes qui voit deux jeunes femmes entamer une ascension sociale sans espoir au sein de grands bureaux parisiens. En 2014, Jean-Claude Brisseau réalise lui-même le remake de son court-métrage Des Jeunes femmes disparaissent, et transforme son récit en  un long métrage, le tout en 3D.

 

Filmographie (sélective) 

La Vie comme ça (1978), Les Ombres (1982), Un Jeu brutal (1983), De Bruit et de fureur (1988), Noce Blanche (1989), Céline (1992), L'Ange noir (1994), Les Savates du bon dieu (2000), Choses secrètes (2002), Les Anges exterminateurs (2006), A L'Aventure (2009), La Fille de nulle part (2013), Des Jeunes femmes disparaissent (2015)

 

Séance :

- Dimanche 7 février 18:15 : Du bruit et de la fureur, séance suivie d’une rencontre avec Jean-Claude Brisseau, Fabienne Babe et François Négret

 

 

Oriane Brun-Moschetti

 

Après un DEUG d’Histoire de l’Art et une Maîtrise d’Etudes Cinématographiques, Oriane Brun-Moschetti travaille comme attachée de presse de cinéma, administratrice de production et programmatrice de ciné-clubs et festivals. Vidéaste technicienne, elle se lance dans le montage vidéo et la prise de vues avant de passer à la réalisation de documentaire dès 2007 avec Algérie, tours et détours, qui retrace le parcours de René Vautier en Algérie. René Vautier, cinéaste militant et confronté à la censure, est présent dans les recherches et le travail d’Oriane Brun-Moschetti très tôt. C’est effectivement sur L’Engagement politique dans les films de René Vautier que portera son mémoire en 2002. En 2015, elle lui rend hommage à travers son documentaire Salut et Fraternité.

 

Filmographie (sélective)

Algérie, tours et détours (2007), Salut et Fraternité (2015)

 

Séance :

- Samedi 6 février 10:30 : Salut et Fraternité, séance présentée par Oriane Brun-Moschetti

 

 

Noël Burch

 

Né en 1932 à San Fransisco, Noël Burch arrive en France en 1951. Il obtient son diplôme à l’IDHEC en 1959 et assistera Pierre Kast pour Le Bel Âge. Il réalise son premier court-métrage Novicat en 1964 avant de se consacrer de 1968 à 1972 à la critique cinématographique pour Les Cahiers du cinéma. Il a par ailleurs enseigné à l’IDHEC et à l’Université, et est connu pour de nombreux ouvrages théoriques, notamment Praxis du cinéma qui poursuit la réflexion d’André Bazin et l’impression de réalité. Pour Burch, le cinéma c’est « la recréation de la vie ». Ce désir de faire du cinéma un duplicata du monde peut alors être à l’origine des documentaires qu’il réalise à partir de 1968, notamment Red Hollywood en 1995, qui examine les films réalisés par les victimes de la liste noire d’Hollywood. Son dernier film, The Forgotten Space, a reçu le prix Horizons Award au Festival de Venise 2010.

 

Filmographie (sélective)

Novicat (1964), What Do Those Old Films Mean ? (1985), Red Hollywood (1995), Forgotten Space

 

Bibliographie

Praxis du cinéma (1969), Pour un observateur lointain (1983), La Lucarne de l’infini. Naissance du langage cinématographique (1991), Revoir Hollywood : la nouvelle critique anglo-américaine (1993), De la beauté des latrines : Pour réhabiliter le sens au cinéma et ailleurs (2007)

 

Séances :

- Samedi 6 février 14:00 : Le Sel de la terre, séance présentée par Noël Burch

- Samedi 6 février 16:00 : Red Hollywood, séance présentée par Noël Burch

 

 

Sepideh Farsi

 

Sepideh Farsi est une réalisatrice iranienne née en 1965. En 1984 elle se rend à Paris et étudie les mathématiques avant de se tourner vers les arts visuels. Elle consacre ses premiers films à la diaspora iranienne (Le Monde est ma maison). En 2001, Hommes de feu s'intéresse cette fois aux pompiers de Téhéran. Ses films suivants mêlent questions sur l'identité et pérégrinations dans Téhéran : Le Voyage de Maryam en 2003 (une jeune femme iranienne vivant à Paris revient chercher son père à Téhéran: photo jaunie en main, elle interroge les passants et les commerçants), Téhéran sans autorisation au printemps 2008. Tourné avec un téléphone portable et sans l'autorisation du gouvernement, le film donne la parole à tous ceux qui composent les différentes couches de la société iranienne. En 2009, Sepideh Farsi est membre du jury du Festival international du film de Locarno. En 2014, elle tourne en Grèce, avec des acteurs iraniens une nouvelle fiction, Red Rose, qui évoque les révoltes étudiantes et, brisant les tabous du cinéma iranien, inclut des scènes de sexe, évoquant les relations entre la jeune génération contestataire et la génération qui avait contesté le régime du Shah.

 

Filmographie (sélective) 

Northwind (1993), Water dreams (1997), The world is my home (1999), Homi D. Sethna, filmmaker (2000), Le Monde est ma maison (2001), Hommes de feu (2001), Le voyage de Maryam (2003), The Gaze (2006), Téhéran sans autorisation (2009), The House under the Water (2010), Red Rose (2014)

 

Séance :

- Dimanche 7 février 18:00 : Red Rose, séance en présence de Sepideh Farsi

 

Table ronde :

- Dimanche 7 février 20:00 : « Le Cinéma iranien et la censure » avec Sepideh Farsi, Bahman Ghobadi, Merhan Tamadon, animée par Serge Michel

 

 

Bahman Ghobadi

 

Bahman Ghobadi, cinéaste iranien est né en 1969 à Baneh, une ville aux frontières de l’Irak iranienne, en Kurdistan iranien. A l’âge de 12 ans, lui et sa famille doivent s’exiler à Sanandaj pour fuir les conflits civils. Il réalise ses premiers courts-métrages alors qu’il effectue son service militaire durant lequel il rejoint un centre de jeunes cinéastes. En 1992, il quitte Sanandaj pour Téhéran où il intègre l’Iranian Broadcasting College pour étudier l’art. N’ayant jamais obtenu son diplôme, il prend conscience que la seule manière d’apprendre le cinéma, c’est d’en faire. Il réalise alors plusieurs courts-métrages qui, grâce au style unique de Ghobadi, rencontrent un grand succès dans de nombreux festivals nationaux et internationaux. Il remporte notamment le Prix spécial du jury au festival de Clermont Ferrand pour Vivre dans le brouillard. Son succès lui donnera l’opportunité d’être assistant-réalisateur pour de nombreux films iraniens. Il assistera notamment Samira Makhmalbaf pour Le tableau noir, tourné au Kurdistan. En 1999, il met en scène son premier long métrage, Un temps pour l’ivresse des chevaux pour lequel il remporte la Caméra d’Or au Festival de Cannes de 2000. Ce prix lui vaudra une reconnaissance mondiale en tant que cinéaste, mais aussi comme pionnier du cinéma kurde. En 2009, cinq ans après avoir reçu le Grand Prix pour Half Moon au festival de San Sebastian, Bahman Ghobadi défend la jeunesse, la musique et la liberté dans Les Chats persans, tourné sans autorisation officielle et dans des conditions restreintes. Depuis, il a dû quitter l’Iran mais continue à travailler, à l’étranger.

 

Filmographie (sélective)

Vivre dans le brouillard (1998), Un temps pour l’ivresse des chevaux (2000), Les Tortues volent aussi (2004), Half Moon (2006), Les Chats persans (2012), La Saison des Rhinocéros (2014)

 

Séance :

- Samedi 6 février 18:30 : Les Chats persans, séance suivie d’une rencontre avec Bahman Ghobadi

 

Table ronde :

- Dimanche 7 février 20:00 : « Le Cinéma iranien et la censure » avec Sepideh Farsi, Bahman Ghobadi, Merhan Tamadon, animée par Serge Michel

 

 

Otar Iosselliani

 

Otar Iosselliani est un cinéaste géorgien né en 1934. Étudiant en mathématique et mécanique à l'Université de Moscou, Iosselliani se dirige vers des études de cinéma à l'Institut de cinéma de l'Union soviétique (VGIK) afin d'éviter l’enrôlement obligatoire dans l'armée. Il réalise ses premiers court-métrages dès 1958 mais mettra près de dix années à passer le cap du long-métrage : La Chute des feuilles (1976) et Il était une fois un merle chanteur (1978) marquent la naissance d'un nouveau cinéma dans les pays de l'Est. Entre temps, il aura aussi été pêcheur puis métallurgiste. A partir de 1982, il vit en France et travaille pour la télévision comme pour le cinéma (Les Favoris de la Lune, 1984). Ses films reçoivent alors de nombreux prix dans les festivals européens. En 2010 il réalise Chantrapas, récit semi-autobiographique où Nicolas, jeune artiste géorgien lassé d'être en butte avec les idéologues, décide de s'exiler en France... avant de devoir faire face à d'autres problèmes.

 

Filmographie (sélective) 

Aquarelle (1958), Avril (1961), La Chute des feuilles (1966), Il était une fois un merle chanteur (1970), Pastorale (1975), Les Favoris de la Lune (1984), Et la lumière fut (1989), Brigands, chapitre VII (1996), Adieu, plancher des vaches ! (1999), Lundi matin (2002), Jardins en Automne (2006), Chantrapas (2010), Chant d'hiver (2015)

 

Séances :

- Vendredi 5 février 20:15 : Il était une fois un merle chanteur, séance suivie d’une rencontre avec Otar Iosselliani, animée par Eugénie Zvonkine

- Vendredi 5 février 22:15 Chantrapas, séance en présence d’Otar Iosselliani et Eugénie Zvonkine

 

 

Marielle Issartel

 

Marielle Issartel travaille depuis 1970 en tant que chef-monteuse dans tous les domaines du cinéma et de la télévision. Elle enseigne par ailleurs le montage dans des organismes ou des écoles, notamment à l’IDHEC puis à la FEMIS où elle est intervenante depuis 1975, mais a aussi donné des cours à l’Université de Paris VIII, au CLCF, au CEEA et a été formatrice à l’écriture de documentaires par le montage à Altermédia. Elle a aussi été l’épouse du réalisateur Charles Belmont, a été la chef-monteuse d’une grande partie de ses films et participait également à l’écriture des scénarios. C’est le cas notamment du documentaire militant pour la libéralisation de l’avortement et de la contraception, Histoires d’A, pour lequel elle est coréalisatrice. Le film n’a été autorisé à la diffusion publique et privée qu’un an après avoir été réalisé.

 

Filmographie (sélective)

Rak (1972), Histoires d’A (1974), Pour Clémence (1977)

 

Séance :

- Jeudi 4 février 18:15 : Quand je s’rai grande et Histoire d’A, séance suivie d’une rencontre avec Marielle Issartel, animée par Hélène Fleckinger

 

 

Alejandro Jodorowsky

 

Né en 1929 au Chili, Alejandro Jodorowsky commence sa carrière artistique lorsqu'à 20 ans il se lance dans le théâtre de marionnettes et le métier de clown. Cette passion l'amène à se rendre à Paris où il met en scène et travaille auprès du mime Marceau. En 1962, il crée le groupe Panique avec Roland Topor et Fernando Arrabal, en réaction au mouvement surréaliste. En 1965, il est de retour au Mexique où il fonde le théâtre d'avant-garde de Mexico. Il y tourne à la suite trois grands films : Fando et Lis, El Topo et La Montagne sacrée. En parallèle commence son incursion dans la bande dessinée, il s'associe avec les dessinateurs Moebius, Juan Giménez ou encore Zoran Janjetov et sera à l'origine de séries telles que l'Incal, La Caste des Méta-Barons, Les Technopères, Bouncer, Les Aventures d'Alef-Thau... De cette époque date sa collaboration avec Moebius sur le projet avorté Dune. Cet échec marque le début pour Jodorowsky d'un éloignement progressif du cinéma. Il faudra attendre 2012 pour qu'il se décide à réaliser un film autobiographique, La Danza de la realidad. Grâce aux dons des internautes, le film sort finalement en 2013.

 

Filmographie (sélective) 

Fando et Lis (1968), El Topo (1970), La Montagne sacrée (1973), Santa Sangre (1989), La Danza de la realidad (2013)

 

Séance :

- Mardi 9 février 20:45 : Jodorowsky’s Dune, séance de clôture en avant-première, en présence d’Alejandro Jodorowsky

 

 

Brontis Jodorowsky

 

Brontis Jodorowsky naît au Chili en 1962. En 1970, alors qu'il n'a que huit ans, son père, Alejandro Jodorowsky, décide de lui faire jouer le fils d'El Topo dans le film éponyme. Par la suite, il fait sa formation théâtrale auprès de Ryszard Cieslak, figure emblématique du Théâtre-Laboratoire de Jerzy Grotowski, à Wroclaw, puis d’Ariane Mnouchkine, au Théâtre du Soleil, dont il intègre la troupe en 1989 à 1995. De cette période on retient surtout son jeu dans le cycle des Atrides. Il devient par la suite metteur en scène de théâtre et s'intéressera particulièrement au Gorille d'après Kafka, qu'il mettra en scène avec son père à Bruxelles puis au Théâtre du Lucernaire à Paris. Au milieu des années 70, Alejandro Jodorowsky prévoit d'adapter Dune et, à cette fin, astreint Brontis à un entraînement physique et spirituel quotidien, espérant le voir prendre le rôle du héros Paul Atreide. Après deux ans de travail intense, le projet du film sera finalement annulé.
 

Filmographie (sélective) 

El Topo (1970), La Montagne sacrée (1973), Santa Sangre (1989), La Danza de la realidad (2013) 

 

Séance : 

- Mardi 9 février 20:45 : Jodorowsky’s Dune, séance de clôture en avant-première, en présence de Brontis Jodorowsky

 

  

Jerzy Skolimowski

 

Réalisateur, scénariste, producteur et acteur, Jerzy Skolimowski figure parmi les plus grands cinéastes polonais vivants. Né le 5 mai 1938 à Lodz, en Pologne, son enfance est fortement marquée par l’expérience de la guerre. Il est retrouvé sous les décombres de sa maison à Varsovie pendant la guerre durant laquelle son père, résistant, est fusillé par les Nazis. Après s’être fait renvoyer de plusieurs écoles, Jerzy Skolimowski s’inscrit à l’université pour y étudier la littérature et l’histoire. Il publie en parallèle des poèmes et des nouvelles. Passionné de jazz, il se lie d’amitié avec le jazzman Krysztof Komed, qui sera compositeur pour un grand nombre de ses films. C’est également lui qui le présentera au réalisateur Andrzej Wajda. Il lui proposera d’écrire le scénario pour des Sorciers innocents. Suivant les conseils de ce dernier, Skolimowski entre à l’école de cinéma de Lodz où il rencontre Roman Polanski. Il est également le scénariste du premier long métrage de celui-ci, Le Couteau dans l’eau. Dans les années 60, le cinéma de Jerzy Skolimowski participe au renouveau du cinéma en Europe centrale et orientale. Il réalise Haut les mains,  en 1967 qu'il a conçu comme "un gigantesque cri silencieux, une provocation pour les 32 millions de Polonais pour les faire réagir sur ce qui ne va pas dans le pays". Le film est d'ailleurs rapidement interdit, et ne sera visible qu'en 1981 à Cannes.

 

Filmographie (sélective)

Le Départ (1967), Haut les mains (1967), Deep end (1970), Travail au noir (1982), Le Succès à tout prix (1984), Ferdydurke (1991), Quatre nuits avec Anna (2008), Essential killing (2011)

 

Séance :

- Samedi 6 février 21:00 : Haut les mains, séance suivie d’une rencontre avec Jerzy Skolimowski animée par Christophe Kantcheff

 

 

Lionel Soukaz

 

Né en 1953 à Paris, le parcours de Lionel Soukaz est indissociable de nombreux mouvements radicaux, politiques, intellectuels et artistique. Il intègre d’ailleurs dès 1970, alors que l’homosexualité était encore pénalisée, le Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire. Il y rencontre René Schérer et Guy Hocquenghem, le fondateur du FHAR. C’est avec lui qu’il réalise en 1978 Race d’Ep, « le premier film homosexuel, fait par les homosexuels (…) qui raconte l’histoire des homosexuels depuis l’invention du mot en 1860 ». Classé X par la Commission de contrôle des films cinématographiques, Lionel Soukaz tourne l’année suivante Ixe, en réaction contre la censure. Par la suite, il réalise de nombreux films militants sur l’homosexualité, la lutte contre l’épidémie du Sida et la discrimination qui en a découlée, mais aussi sur la critique sociale. Lionel Soukaz est aussi célèbre pour Journal Annales, dans laquelle il saisit son quotidien jusque dans son intimité, dans une œuvre de plus de 2000 heures. Il a également organisé plusieurs festivals de films homosexuels, notamment en 1977 à La Rochelle. Lionel Soukaz est finalement reconnu au début des années 2000 pour la qualité de ses expérimentations esthétiques, lors de la rétrospective « Jeune, dure et pure ! » organisée par Nicole Brenez à la Cinémathèque Française durant laquelle ses premiers films sont redécouverts. Ils ont été par la suite restaurés par les Archives françaises du film et la BNF.

 

Filmographie (sélective)

Le Sexe des anges (1977), Race d’Ep (1979), Ixe (1980), Maman que Man (1982), Journal Annales (1991-2000), Bout tabou (1980-2000), La Loi X – la nuit en permanence (2001), I Live In A Bush World (2002)

 

Séances :

- Samedi 6 février 12:00 : Rencontre Vautier Godard, séance en présence de Lionel Soukaz

- Mardi 9 février 19:00 : Bouts tabous et Le Sexe des anges, séance en présence de Lionel Soukaz

- Mardi 9 février 19:00 : La Loi X – la nuit en permanence, IXE, Amor, The Action, Jour est noir et Karaoké, séance en présence de Lionel Soukaz