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Odessa … Odessa !
un film réalisé par de Michale Boganim
avec Yulian Tchdnovski, Lucia Tkatch-Bekker, Rachel Gorenstein, Ilya Rabinovitch


Année de réalisation : 2004
Origine : Israël-France
Durée : 1h42
Public : Tout public
Format : couleur

Prix CICAE – Art et Essai – Festival de Berlin 2005

Prix du Meilleur Réalisateur – Festival de Jérusalem 2005

Prix Louis Marcorelle – Cinéma du Réel 2005

Sur les bords de la Mer Noire, Odessa représentait autrefois un des fleurons de la culture yiddish en Europe. Hantés par le souvenir des absents, les membres de la communauté juive d’aujourd’hui évoquent avec nostalgie ce passé florissant, idéalisé et à jamais disparu. Pour ceux qui ont choisi le chemin de l’exil à New York ou en Israël, Odessa n’a jamais vraiment cessé d’exister ; elle flotte toujours quelque part, entre mémoire et imagination. Maniant temps et espace à la manière d’Andreï Tarkovski, Michale Boganim dresse, dans ce premier long métrage au lyrisme envoûtant, le portrait mélancolique d’une diaspora juive partagée entre illusions, déceptions et espoirs.

« C’est certainement cette phrase de Paul Celan, "Dans l’air demeurent tes racines, là dans l’air…", qui m’a donné l’idée d’aller à Odessa à la recherche de traces, et puis je me suis aperçue que rien n’était réellement tangible, que les traces étaient peut-être ailleurs. Il y a eu au départ une volonté de filmer un monde qui disparaissait. Mais plus tard, j’ai compris que les exilés odessites vivant à Brighton Beach ou à Ashdod sont eux aussi les dernières générations. Ceux d’après seront déjà Américains ou Israéliens. Il n’y a pas de filiation. Les hommes que j’ai filmés sont des derniers hommes. (…) Le film s’architecture autour d’une ville, d’un lieu. Mais d’arrivées en départs, d’illusions en désillusions, cette ville devient au fil du film un personnage fictionnel, une icône. Un endroit inaccessible et imaginaire. Des cartes postales que l’on accroche compulsivement sur les murs, une musique que l’on ressasse sans fin, jusqu’à saturation, jusqu’à l’excès. Odessa c’est le fil rouge, mais le film est davantage une réflexion sur le sentiment d’exil, l’attachement charnel que l’on peut avoir à la terre de son enfance. Un des personnages dit : "un toast pour Odessa Mama parce qu’il n’y a pas de meilleure mère." Odessa Mama, c’est la mère. Brighton Papa, c’est le pays d’adoption, New York. » Michale Boganim

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SiteWeb par Cyril Pereira