Cinéma L’ECRAN 14, passage de l’Aqueduc 93200 SAINT DENIS tel : 01 49 33 66 88
Salo et les 120 jours de Sodome un film réalisé par Pier Paolo Pasolini
avec Paolo Bonacelle, Giorgio Cataldi, Umberto Paolo Quintavalle, Aldo Valletti, Hélène Surgère, Sonia Saviange
Année de réalisation : 1975
Origine : Italie France
Durée : 1h57
Public : interdit aux moins de 16 ans
Format : couleur
A Saló, en 1944-45, durant l’occupation nazie-fasciste du nord de l’Italie, les quatre scélérats issus des 120 journées de Sodome du marquis de Sade signent Le Livre des Châtiments. Ils sont en costumes civils, aidés de soldats allemands et de miliciens italiens en civil et en uniformes. Ils épousent mutuellement leurs filles, choisissent des filles et des garçons. On se rend aux environs de Marzabotto. Un subversif est tué en s’évadant d’un camion au passage d’un pont. On s’installe dans une grande maison. Qu’il n’y ait rien de commun entre bourreaux et victimes, entre, par exemple, la grande bourgeoisie et le peuple, c’est l’idée centrale de Pasolini. C’est qu’il existe chez lui un populisme dans lequel le peuple est non contaminé par la question de la jouissance du maître . Ce n’est pas hasard si ce peuple-là, Pasolini l’a tro u v é dans le passé (le Moyen Âge), la culture (Boccace, Chaucer) ou l’Orient (Les Mille et une Nuits). Car, le fascisme, c’est autre chose, c’est lorsque la question même du ressentiment, celle de la jouissance de l’autre, devient une question centrale pour ceux que Pasolini déteste et ignore : les petits-bourgeois . Pasolini est condamné à une sorte d’innocence irrémédiable. Maître (d’école, puis artiste célèbre), mais maître diffamé, il est à une place à lui-même incompréhensible : deux groupes de corps, enchevêtrés par l ’ h i s t o i re, forces de vie et forces de mort, font pour lui l ’ é p reuve crucifiante de leur corps à corps imaginaire . Serge Daney, Cahiers du cinéma n°268-269, juillet-août 1976