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Dans Jours tranquilles à Clichy,, Miller conte avec une simplicité merveilleuse la vie de bâton de chasse, entre Clichy et Pigalle, dans les années trente. Le hic majeur, on commence à le savoir, c’est que Miller ne met pas de point de suspension. Quand il décrit une baignade à trois dans une baignoire normalement monoplace, il n’escamote pas les détails. Et le réalisateur du film, Jean Jorgen Thorsen Enna, un Danois de trente-sept ans, s’est dit que le cinéma était suffisamment adulte pour ignorer, lui aussi, les point de suspension.(...) Le résultat émeut, non par l’obscénité, mais par le sentiment très vif qu’a le spectateur de voir la vraie vie sa candeur, sa beauté originelle. L’ i mpression de bonheur, de fraternité, nous renvoie immédiatement à la “génération Woodstock”. Thorsen a réalisé là, délibérément, un grand film “hippy” d’une santé de fer. Tout confirme son modernisme : l’aisance des acteurs, la liberté du montage, le décousu du scénario, l’emploi fréquent de " bulles" comme dans les bandes dessinées, et jusqu’à la lumière de la photo, qui rappelle l’élégance discrète des premiers Godard. Voilà bien où le bât blesse : ce film nous concerne trop, il risque trop d’éveiller. Par là, il “offense nos moeurs”. Michel Mardore, Le Nouvel Observateur n°300, 10 août 1970 Le film connut une certaine notoriété à la suite de ses démêlés avec la censure qui, chassant tout sexe en érection, exigea la suppression d’une dizaine de minutes. Precédé du film: Sylvia Kristel- Paris de Manon de Boer Pays-Bas/2003/couleur/vidéo/39' Sur des images panoramiques de Paris, Sylvia Kristel commence en off le récit de sa vie et des aléas de sa carrière.En jouant sur les écarts et les glissements de la mémoire, Sylvia Kristel-Paris fait de l’identité personnelle un jeu d’apparence, une image mystérieuse et flottante qu’aucun portrait ne saurait fixer. Sylvain Maestraggi, Images de la culture n°20, Août 2005 |