Cinéma L’ECRAN 14, passage de l’Aqueduc 93200 SAINT DENIS tel : 01 49 33 66 88
La Maman et la putain un film réalisé par Jean Eustache
avec Bernadette Lafont, Jean-Pierre Léaud, Francoise Lebrun, Isabelle Weingarten
Année de réalisation : 1973
Origine : France
Durée : 3h40
Public : Tout public
Format : Noir & Blanc
La Maman et la putain raconte la plus vieille histoire du monde, celle d’un homme amoureux de deux femmes, mais dans un contexte social et affectif précis, celui de l’après-68. (...) Si le film capte l’air du temps, ce n’est pas seulement parce qu’il fait allusion, au détour d’une conversation, à Jacques Duclos, au PCF ou à Jean-Paul Sartre, au MLF ou aux fictions de gauche italiennes. C’est, plus largement, parce que le film dresse un impitoyable état des moeurs affectives et sexuelles de l’époque. En 1972, les restes de l’idéologie issue du mouvement de Mai 68 règne encore. On a tenté de réinventer le couple et les rapports amoureux, la “libération sexuelle” est devenue une tarte à la crème médiatique. Deux figures parmi d’autres tiennent lieu de modèles dans les esprits : le couple moderne, la femme “libérée”- selon l’expression plutôt abjecte que l’on employait alors. La doxa de l’après-68, c’est : “Jouissez !”. L’erreur fut de croire que des mots d’ordre pouvaient réglementer le désordre des sentiments. Le film de Jean Eustache témoigne avec une rare lucidité de cette idéologie de la liberté sexuelle, feint d’épouser la doxa amoureuse pour mieux en dévoiler le caractère injonctif, répressif, pour en révéler les zones cachées, celles que l’aveuglement produit par les mots d ’ordre interdisait de voir : le tourment, la souffrance. Alain Philippon, Jean Eustache, Éditions Cahier du cinéma,1986