Cinéma L’ECRAN 14, passage de l’Aqueduc 93200 SAINT DENIS tel : 01 49 33 66 88
Belzec un film réalisé par Guillaume Moscovitz
avec
Année de réalisation : 2005
Origine : France
Durée : 1h40
Public : Tout public
Format : Documentaire, couleur
Presque oublié dans l’histoire de la Shoah, Belzec est chronologiquement le premier camp d’extermination de l’Aktion Reinhard, le plan nazi d’extermination des Juifs des territoires de la Pologne occupée. Sa destruction intégrale dans les premiers mois de l’année 1943, presque un an avant le démantèlement de Sobibor et de Treblinka, témoigne de la volonté nazie d’effacer les traces de l’extermination des Juifs d’Europe. Ce qu’on appelle aujourd’hui le négationnisme était déjà au cœur même du meurtre nazi : l’effacement des traces de l’extermination faisait partie du plan d’anéantissement du peuple juif. À part Rudolf Reder, décédé à la fin des années 60, et Chaïm Hirszmann, mort assassiné à Lublin au lendemain de la guerre, personne n’est revenu du camp d’extermination de Belzec pour témoigner. En filmant les séquelles de cet effacement, le cinéaste montre la violence de notre présent : là où il n’y a que destruction, comment attester de ce qui a été ? « J’ai vu Shoah de Claude Lanzmann, à sa sortie en 1985, j’avais 16 ans, ce fut une expérience extrême, et je peux dire que ce film ne m’a plus quitté depuis. Lorsque Lanzmann énonce son refus de comprendre, lorsqu’il dénonce l’obscénité absolue du projet de comprendre, il définit ce refus comme la seule attitude possible, éthique et opératoire à la fois. Il parle de l’aveuglement comme « seule façon de ne pas détourner son regard d’une réalité, à la lettre aveuglante, un mode plus pur du regard, la clairvoyance même ». Ce refus de comprendre est l’exact contraire du renoncement. Il garde hautes les exigences de savoir et de vérité. » Guillaume Moscovitz