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DAUGHTERS OF THE DUST
un film réalisé par Julie Dash
avec Cora Lee Day, Barbara O. Jones, Alva Rogers


Année de réalisation : 1992
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h52
Public : Tout public
Format : Couleur
L’intrigue se déroule en une journée, sur une île à l’est des côtes de Caroline du Sud où vivent en 1902 les membres d’une famille gullah, descendants d’esclaves ayant maintenu un lien spirituel avec leurs racines africaines. Une partie de cette famille s’apprête à immigrer vers le continent. Le film est construit autour des différentes générations de femmes.
Ces Filles de la Poussière invitent à reconstituer les morceaux d'une mémoire éclatée, à reconnaître les signes de sa propre culture, à se recentrer sur soi et à le valoriser. Son esthétique est celle d'une résistance culturelle, différente des idéologies de libération et de domination, affirmant la vision féminine d'un espace partagé plutôt qu'un espace patriarcalement dominé. Sa narration duelle et son montage en cercle rend hommage à la continuité temporelle de la culture africaine qui ne sépare pas le passé, le présent et l'avenir.
Olivier Barlet, Revue Africultures n°9 : Cinémas Mémoire, juin 1998

1991 vit l'achèvement tant attendu du premier long-métrage de Julie Dash, Daughters of the Dust. En 1982, son court-métrage Illusions renouvelait le thème de la "mulâtre tragique". Une jeune Noire à la peau claire (Lonette McKee) "passait" pour blanche dans le Hollywood des années de guerre, et se trouvait confrontée à des choix politiques douloureux. Puis ce fut la traversée du désert. Après avoir en vain cherché un producteur à los Angeles, Julie s'établit à Atlanta en 1987, et tourna des films éducatifs pour le Black Women's Health Project et des films de danse. Elle parvint finalement à produire Daughters..., tourné en dialecte gullah. Lancinant, impressioniste, musical comme un long poème, avec des images d'une beauté envoûtante (ce qui a valu un prix au chef-op et au coproducteur du film, Arthur Jafa), le film évoque la subtile désintégration d'une famille d'anciens escalves à la fin du siècle dernier. Ils ont décidé de quitter leur île, au large de la Caroline du Sud, pour aller dans le Nord, alors que la matriarche s'oppose à ce départ, qu'une des fille est courtisée en silence par un Indien, qu'un jeune mari questionne la paternité et la fidélite de sa femme enceinte... Peu ou pas de structure narrative : les rapports interpersonnels sont esquissés d'un trait fin, les hommes disparaissent à l'arrière-plan. La caméra sculpte sensuellement des visages de femmes, tous différents, tous beaux, créant une atmosphère de féminité lumineuse. Point de miévrerie : ces femmes ont survécu à l'esclavage, mis des enfants au monde et lutté pour leur dignité. Le film suscite l'enthousiasme de la communauté black ("il scrute l'âme de l'Amérique noiree, divisée entre une soif de modernité et la recherche de ses racines", écrit Greg Tate dans le Village Voice) et la résistance que lui oppose l'establishment est une preuve de plus de son originalité.
Bérénice Reynaud, Cahiers du cinéma, n°446, juillet-août 1991

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