Cinéma L’ECRAN 14, passage de l’Aqueduc 93200 SAINT DENIS tel : 01 49 33 66 88
SANKOFA un film réalisé par Haïle Gerima
avec Oyafunmike Ogunlano, Mutabaruka, Alexandra Duah , Nick Medley
Année de réalisation : 1993
Origine : Etats-Unis/ Allemagne/Ghana/Burkina Faso/Royaume-Uni
Durée : 2h05
Public : Tout public
Format : Couleur
Sankofa est, sur la côte du Ghana, le joueur de tam-tam qui invoque les esprits. En langue akan, sankofa signifie aussi " retourner au passé pour aller de l'avant ", c'est-à-dire " revenir sur son passé pour l'arracher à l'oubli et pour ensuite se tourner vers le futur ". Mona, une modèle afro-américaine, se retrouve possédée par les esprits qui hantent la forteresse de Cape Coast, au Ghana, où furent embarqués des milliers d'esclaves. Elle remonte douloureusement dans le temps et devient Shola, esclave dans une plantation de sucre, victime des sévices de son maître. Mona, qui s'affirme Américaine sans référence à sa négritude, ne pourra construire son identité qu'après avoir habité mentalement le corps et l'âme de son ancêtre esclave et en avoir vécu la lutte. Le passé vient nourrir le présent en une spirale continue - sankofa - et éclaire les liens unissant l'Afrique et la diaspora noire. Un récit non-linéaire, les histoires dans l'histoire, les répétitions, les différents niveaux de musique et de voix, l'emploi d'éléments mythiques comme un busard pour les transitions et un certain lyrisme fortifient une lecture culturelle : rétablissant l'origine africaine de la diaspora noire, Guérima fait de l'Histoire une référence identitaire. Sankofa est une intéressante réécriture de l'histoire de l'esclavage africain. Alors que les présentations hollywoodiennes privilégient l'aliénation corporelle et spirituelle des esclaves, les rendant témoins passifs d'un système inhumain, Sankofa en fait les acteurs contradictoires et dynamiques d'une lutte de libération. Olivier Barlet, Revue Africultures n°26 : Afriques lusophones, mars 2000