Cinéma L’ECRAN 14, passage de l’Aqueduc 93200 SAINT DENIS tel : 01 49 33 66 88
LE SERGENT NOIR un film réalisé par John Ford
avec Woody Strode, Jeffrey Hunter, Constance Towers, Willis Bouchey, Carleton Young
Année de réalisation : 1960
Origine : Etats-Unis
Durée : 1h41
Public : Tout public
Format : Couleur
Le procès du sergent Braxton Rutledge, un Noir appartenant au 9ème régiment de cavalerie, accusé du viol et du meurtre de la jeune Lucy Dabney et de la mort du père de cette dernière, s’ouvre devant une cour militaire.
« J’aime beaucoup ce film. C’est la première fois que l’on fait d’un Noir un héros », avouait John Ford. La vérité est en fait un peu plus complexe car à cette époque Sidney Poitier qui est déjà depuis trois ans un héros (de L’homme qui tua la peur à La Chaîne), de même que Harry Belafonte (Une île au soleil, Le Monde, la Chair et le Diable). Le Sergent noir s’inscrit en tout cas dans l’évolution d’une Amérique qui, en dépit du racisme de certains états, voit apparaître des leaders noirs. Le Noir américain va peu à peu prendre une place plus importante dans le cinéma hollywoodien, comme dans la vie sociale et économique du pays. La Warner Bros., qui produit Le Sergent noir, semble avoir souhaité que Ford donne le rôle de Rutledge à un comédien connu tel que Sidney Poitier. Ford, au contraire, insiste pour avoir Woody Strode qui jouait depuis 1941 mais n’avait obtenu des rôles plus importants que récemment dans Pork Chop Hill de Lewis Milestone et Panique à bord d’Andew L. Stone. Par la suite, Ford dirigera à nouveau Willy Strode à trois reprises : dans Les deux cavaliers, dans L’homme qui tua Liberty Valance et dans son ultime film Frontière chinoise. Une grande amitié unira les deux hommes jusqu’à la mort du cinéaste [...] Ford rappelle au passage le rôle joué par les « buffalo soldiers », ces soldats noirs qui formaient des unités spéciales – sous commandement blanc ! – chargées de combattre les Indiens et qui avaient appris à tirer à l’arc et à se déplacer à la manière indienne. Patrick Brion, John Ford, Editions de la Martinière, 2002