Séance présentée par Marc Marder, compositeur du filmSuivi d'un goûterTARIF UNIQUE : 3 Euros pour tous Le décor, c’est la ville. Le ton est celui d’un Chaplin contemporain. Les histoires sont les mésaventures d’un vagabond, un noir. Charles Lane lui-même. Il survit en dessinant des portraits sur une place passante du Village, devant une affiche qui entend défendre l’environnement contre les tours. Les gens vont, les gens viennent, et lui se retrouve avec une petite fille de deux ans (sa fille dans la vie) sur les bras. Une gamine sage comme tout, coiffé en oreilles de Mickey. Irrésistible, et il ne résiste pas. Tout en recherchant la mère (qui fuit de vilains gangsters de burlesque), il lui fait partager sa vie de squatter […] « J’ai décidé, dit il, de faire un film sur ces gens qui vivent sans autre espoir que d’être encore là le lendemain […] Je n’ai pas peur pour moi, seulement on ne peut pas le nier, ce phénomène est un vrai fléau. Je pense malgré tout que l’on doit traiter ce sujet par l’humour, comme l’a fait Chaplin. Au départ, je ne pensais pas à lui, ça m’est venu en écrivant le scénario ». Pendant tout le film – à l’exception d’un moment, magnifique et terrible, les personnages se parlent, mais on ne les entend pas. La musique raconte ce qu’ils disent, et aussi ce qu’ils pensent. Elle dialogue avec les images, épouse les états d’âme, les fous rires, les battements de cœur, les inquiétudes, signale références et clins d’œil, indique ce que les personnages ne peuvent pas voir. Elle est leur voix en même temps qu’un Monsieur Loyal drolatique et poétique. Une musique ensorcelée, qui a toute une histoire : Marc Marder, contrebassiste new-yorkais, vit depuis 1978 à Paris où il était venu travailler avec Pierre Boulez. Colette Godard, Le Monde, 20/04/1990
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