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C’est l’histoire d’un parisien malade, qui se demande s’il va mourir. Son état lui donne un regard neuf et différent sur tous les gens qu’il croise. Le fait d’envisager la mort met soudainement en valeur la vie, la vie des autres et celle de la ville tout entière. Des maraîchers, une boulangère, une assistante sociale, un danseur, un architecte, un SDF, un prof de fac, une mannequin, un clandestin camerounais… Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film. Vous pouvez penser qu’ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d’entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais pour eux, ce sont les plus importants du monde. Aux côtés de Romain Duris et Zinedine Soualem, familiers de son univers, Cédric Klapisch a rassemblé pour son dernier film,une impressionnante distribution, laquelle nous donne d’emblée une indication sur sa forme chorale. De fait,Paris, hommage à la ville,comme souvent chez Klapisch, à ses métissages et à ses quartiers populaires en pleine transformation urbanistique et sociale, dessine une mosaïque de trajectoires et d’histoires. L’approche est souvent grave,émouvante, non dénuée d’esprit, d’ironie et d’humour, parfois de cruauté. Un ton où domine la mélancolie. Celui qui observe son petit monde et au-delà, entre ciel et terre, de sa fenêtre sous les toits, la ville qui s’agite à ses pieds, est lui-même retranché de la vie, hors de son mouvement, coeur en bout de course, dans l’attente d’une transplantation. Mais c’est ce coeur, pourtant malade, qui bat pour les autres et pour Paris, ville elle-même malade, où l’on continue malgré tout à s’aimer. Certes, Paris n’évite pas toujours les clichés d’un cinéma “à la française” : collection de caractères, vision de la ville, façon“Paris sera toujours Paris…” Mais ceux-ci sont largement compensés par les moments de vérité qui affleurent aux détours de séquences (une très belle scène chez le psychanalyste, par exemple, ou une carte de Notre Dame, postée à Paris et qui, passant de mains en mains, parvient à son destinataire dans un petit village du Cameroun…) ; et par la belle interprétation des comédiens, Romain Duris et Juliette Binoche en tête.
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