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musique: Robert Fripp, Ivan Král, John Lurie, The Lounge Lizards Unmade Beds, The Foreigner et Subway Riders sont les trois volets d’un triptyque sur New York. Reprenant les thèmes d’un film précédent et les retravaillant, Poe finit par dégager, d’un film à l’autre, une mythologie personnelle dont les thèmes concernent autant New York aujourd’hui que l’histoire du cinéma, les deux principales sources,avec la musique, d’inspiration de ses films.
Amos Poe aime bien raconter des histoires. Dans Subway Riders, c’est celle d’un mystérieux saxophoniste qui joue la nuit dans des coins déserts de la ville et tue les gens qui s’arrêtent pour l’écouter.
[…] Amos Poe s’était jusqu’à présent refusé à employer la couleur: elle donnait une image trop réaliste à son goût. Subway Riders évite cet effet par un emploi expressionniste de la couleur comme du cadre (parfois oblique), de la lumière, de la profondeur de champ. Chaque personnage, si on peut dire, a sa couleur : l’assassin musicien vit dans de superbes plans bleu nuit tirant vers le gris ; sa voisine, l’actrice-prostituée-lesbienne, vit dans un appartement aux confins du rouge et du rose. Si ce parti pris irrite parfois par son formalisme, parce qu’il est trop explicite et semble plaqué sur l’intrigue,l’ensemble même de ces plages de couleurs finit par dégager un charme très particulier, une séduction froide, et nous entraîne dans unevision fantastique de New York endormi, lugubre, glacé, déserté,comme oublié,bien loin de Manhattan,de Scorsese ou de Lumet, bien plus beau aussi, un New York aux antipodes également du brouhaha, de la rumeur des films de Cassavetes, cinéaste par excellence de cette ville. YANN LARDEAU, CAHIERS DU CINEMA N°344, FÉVRIER 1983 |