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Musique : John Lurie, Lim Jarmush, Earl Bostic Permanent Vacation est constitué de séquences sauvages, lentes : un garçon qui parle tout haut (comme seuls les Américains savent le faire) n’arrête pas de croiser, dans le dark side d’un New York désert, fascinant comme un désert abandonné, des gens qui pleurent, craquent ou se brisent. John Lurie, hautain, lascif joue un saxophoniste errant. La caméra va et vient, sans jamais quitter les personnages, entre le garçon écorché et la ville sauvage. Ou, si l’on préfère, entre une histoire et rien du tout. Le garçon rêve de Charlie Parker et de voitures bicolores. Il imagine une ville, ravagée, comme après une guerre. Et il monologue son adolescence, à perte, comme au temps de ces adolescents splendides et fugueurs, butés, inventés dans les larges de l’épopée hollywoodienne par un Nicholas Ray flamboyant. James Dean et ses poses, Farley Granger. Et tant d’autres postures, inoubliables. Permanent Vacation réinvente cet art rayien d’aller nulle part, mais comme un soleil. On retrouve même les accents voyageurs, gitans de Hot Blood. Les couleurs renversées, les visions d’envers du monde. Un cinéma fait de mots et de sang. Avec des acteurs qui jouent leur vie à chaque instant. A chaque plan. Louis Skorecki, Libération, 2 mai 1984 New York, à la fin des années 70, était une ville en très forte ébullition, incroyablement riche et vivante. Permanent Vacation, mon film de fin d’études, est marqué par toutes les avant-gardes artistiques et musicales de l’époque. C’était l’époque du punk, de la no-wave. Le film est très marqué par ceux de mon ami de l’époque, Amos Poe. Jim Jarmush, Les Inrockuptibles, 31 août 2005 |