15es JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DIONYSIENNES

JCS

4-10 FÉV-2015

L’écrire une seule fois aurait-il suffit ? Sans doute pas. D’abord, parce que nous avons souhaité donner le nom du titre du film de Paul Vecchiali, à qui nous rendons hommage à travers six films, à cette édition. Ensuite, parce qu’elles sont deux à être nos invitées d’honneur : Virginie Despentes et Lina Wertmüller, dont le cinéma repose sur un même enragement. Enfin, car on pourrait en fait le dire à l’infini, sans craindre trop de le répéter, tant nos sociétés reposent encore largement sur des inégalités entre les sexes.

Dans Sois belle et tais-toi, de Delphine Seyrig (qui sera présenté dans le cadre d’une carte blanche au Centre Simone de Beauvoir), la réalisatrice pose cette question à des actrices : « Si vous aviez été un homme, auriez-vous été acteur ? » Et la réponse, terriblement évidente : « Non, bien sûr ! ». Peut-être serait-il intéressant de poser la même question aujourd’hui à celles qui formeraient une « nouvelle vague » dans le cinéma, qui s’en sont emparées en assumant pleinement leur geste créateur sans pour autant se revendiquer féministes.

Des femmes, il en a bien sûr été question à travers les quatorze éditions des Journées cinématographiques dionysiennes, et il ne faut heureusement pas attendre cette nouvelle édition pour sembler les mettre à l’honneur. Il s’agit bien plutôt ici de faire un état des lieux de ce qu’on a pu appeler « la condition de la femme », des évolutions de la place de la femme dans la société, dans le cinéma et ses représentations, et de le décliner sur plusieurs supports en élargissant le spectre des représentations. Tables rondes, rencontres, lectures en lien avec le Théâtre Gérard Philipe, ciné-concert, retours à plusieurs voix sur le procès de Bobigny avec Anouk Grinberg et Gisèle Halimi : la parole est à la femme. Et c’est peut-être de ça dont il s’agit, de voix, qu’il s’agisse de celles de réalisatrices, de femmes ouvrières (table ronde « Le féminisme ouvrier, c’est quoi ? »), de femmes victimes d’excision (Moolaadé) – dont la pratique existe en France même.

Sept jours de rencontres cinématographiques pour se demander quels reflets apparaissent dans le miroir tendu qu’est l'écran de cinéma lorsqu’on projette FEMMES. Si l’artiste Perrine Dorrin, à qui nous avons confié la réalisation de l’affiche semble nous suggérer que, comme au cinéma, c’est une image inversée qui apparaît, il n’en reste pas moins que l’on y voit aussi deux fois FEMMES, ou plutôt : FEMMES puissance 2 !

 

Les Journées cinématographiques dionysiennes