16es JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DIONYSIENNES

Festival Censures

3-9 FÉV-2016

"L'image fait peur, depuis la nuit des temps. Elle dévoile des pulsions (rêves ou réalités) que la société ne peut pas voir." Jean-Luc Douin
La Censure ne pouvait manquer de s’intéresser au cinéma dès sa naissance. Après une Danse Serpentine censurée aux États-Unis, la France voit aussi la censure s'institutionnaliser en 1916 lorsqu'on refuse de laisser circuler les images d'une décapitation. La censure au cinéma aura depuis su dresser la liste des interdits selon les cultures et les mœurs. Du Code Hays à la censure soviétique, des œuvres centrées autour de la guerre d'Algérie à la pression exercée aujourd'hui par les autorités chinoises, la censure, si elle punit souvent la liberté des jeunes artistes contestataires, refuse le plus souvent de voir la réalité de sa société.

Promulguée par une forme de pouvoir qui se veut soit politique, économique, militaire, judiciaire, religieuse ou morale, la censure peut parfois faire naître des débats ; elle est cependant le plus souvent secrète lorsqu'elle se démène à détruire les œuvres, pousse les artistes à s'exiler.

D'où sa petite sœur : l’autocensure. La lutte pour que le film atteigne son réel public et non juste un groupe de moralisateurs infatués par la loi qui les investit, cette lutte là a été la tâche des ciné-clubs et des revues, elle reste aujourd'hui surtout celle du public qui s'engage - un public engagé par le film : le regroupement du plus grand nombre pour que quelques mètres de pellicule échappent au froid toucher des ciseaux. Montrer l’œuvre interdite reste le seul outil concret pour rendre au public sa liberté de choisir face au film. Car si la censure prend des formes multiples, elles seront toujours moins nombreuses que les formes d'expression qu'elles tiennent à faire taire. Du 3 au 9 février 2016, les 16es Journées cinématographiques dionysiennes traversent un siècle d’évolutions des mentalités à travers les films censurés, autocensurés, interdits. Une semaine de réflexion et d’échanges autours de 80 films, classiques, inédits, avant-premières et de nombreuses rencontres en présence de cinéastes, de critiques ou de membres de la société civile.